- soit parce que l’activité n’existe tout au plus que depuis quelques décennies
- soit parce que le chroniqueur ne fait appel qu’à ses propres souvenirs, son propre vécu, en omettant l’indispensable travail de recherche historique.
Les sports, et l’athlétisme en particulier, n’échappent pas à ce sentiment de supériorité exprimé par nos contemporains. L’arrogance est même caractérisée parmi certains sprinteurs, spécialistes du 100 m.
Ils se disent les plus rapides … en ignorant très basiquement que ce sont les coureurs de 200m qui sont les plus rapides. En effet, courir le 100m en 9’’74 (record du monde actuel) correspond à une vitesse de 10,26 m/s soit 36,96 km/h. Or, le record du monde du 200m étant de 19’’32, il correspond à une vitesse de 10,35 m/s soit 37,26 km/h.
Les Grecs de l’Antiquité ne s’y trompaient pas, eux, puisque l’épreuve reine était bien la course du « stadion » (longue de six cents pieds, soit de 192m à Olympie et 178m à Delphes). D’ailleurs, le sprint court, équivalant au 100m, n’existait pas. La deuxième épreuve à avoir été inscrite au programme olympique fut le sprint long, sorte de 400m moderne : le « diaulos » (longue de deux « stades »).
Il faut noter qu’un seul de nos contemporains a réussi à s’imposer, lors des mêmes Jeux Olympiques, dans ces deux épreuves (200m et 400m) : Michael Johnson, en 1996, à Atlanta.


Si la victoire dans le 100m ne suffit pas à être le meilleur parmi les meilleurs, on pourrait se dire que ceux qui arrivent à remporter plusieurs épreuves lors des mêmes Jeux sont ces êtres d’exception. En effet, depuis que les Jeux Olympiques Modernes ont été restaurés par le Baron Pierre de Courbertin (en 1896), seulement deux sprinteurs ont réussi l’exploit de remporter quatre épreuves (trois individuelles et une par équipe) lors des mêmes Jeux :


Jesse Owens
A titre de comparaison, pas moins de sept athlètes Grecs ont eux aussi remporté trois épreuves individuelles lors d’une même édition des Jeux de l’Antiquité, et à ce titre ont reçu le nom de « triaste » :
- Phanas de Pellene, en 512 av. JC : « stadion » (env. 200m), « diaulos » (env. 400m) et « hoplitodrome » (env. 400m avec casque et bouclier)
- Astylos de Crotone puis de Syracuse, en 480 av. JC : « stadion », « diaulos » et « hoplitodrome »
- Leonidas de Rhodes, en 164, 160, 156 et 152 av. JC : « stadion », « diaulos » et « hoplitodrome »
- Nikokles d’Akrion, en 100 av. JC : « stadion », « diaulos » et « hoplitodrome »
- Hekatomnos de Milet en 72 av. JC : « stadion », « diaulos » et « hoplitodrome »
- Polites de Keramos, en 69 après JC : « stadion », « diaulos » et « dolichos » (course d’endurance longue de vingt-quatre stades, soit un peu plus de 4600m)
- Hermogenes de Xanthos, en 81 et 89 ap. JC : « stadion », « diaulos » et « hoplitodrome ».
Parmi ces sept « triastes », il faut remarquer trois personnages hors du commun.
* Polites de Keramos réussit à s’imposer non seulement dans deux épreuves de sprint mais aussi dans celle d’endurance ; ce qui correspondrait de nos jours à des titres olympiques en 200m, 400m et 5000m !
* Hermogenes de Xanthos totalisa huit victoires individuelles (trois en 81 après JC, deux en 85 et encore trois en 89), une performance supérieure à celles réalisées par Paavo Nurmi et Carl Lewis qui totalisèrent chacun neuf titres olympiques mais « seulement » six (pour Paavo Nurmi) et sept (pour Carl Lewis) en individuel.
Paavo Nurmi :
- 10000m, cross country (individuel), cross country avec la Finlande en 1920
- 1500m, 5000m, cross country (individuel), cross country avec la Finlande et 3km par équipe avec la Finlande en 1924
- 10000m en 1928
- saut en longueur, 4x 100 avec les Etats-Unis en 1992
- saut en longueur en 1996
Parmi les contemporains (sportifs de XXème siècle), seul le plus titré des champions olympiques d’athlétisme réussit à égaler le nombre de huit victoires individuelles. S’il est largement moins connu que Paavo Nurmi et surtout Carl Lewis, c’est que les épreuves dans lesquelles il s’imposa (les sauts sans élan, comme les Grecs de l’Antiquité) ne sont plus au programme olympique depuis 1912.
Raymond « Ray » Ewry :
- hauteur sans élan, longueur sans élan et triple saut sans élan en 1900
- hauteur sans élan, longueur sans élan et triple saut sans élan en 1904
- hauteur sans élan et longueur sans élan en 1908


Ray Ewry
* Leonidas de Rhodes réalisa la performance de remporter non seulement trois épreuves le même jour mais en plus de rééditer cet exploit lors de quatre éditions des Jeux Olympiques Antiques.
A titre de comparaison, parmi nos athlètes modernes, seuls Alfred « Al » Oerter (dans le concours de lancer du disque : en 1956, 1960, 1964 et 1968) et Carl Lewis (dans le concours de saut en longueur : en 1984, 1988, 1992 et 1996) ont réussi à remporter la même épreuve individuelle lors de quatre Jeux Olympiques successifs.
Avec un total de douze titres Olympiques individuels, c’est donc finalement à Leonidas de Rhodes, un Grec du IIème siècle avant Jésus-Christ, que devrait revenir le titre de « meilleur athlète de tous les temps ».
Ce sont autant de questions auxquelles le présent ouvrage se propose de répondre.
Qui furent les plus grands champions des sports de combats et des arts martiaux de l’Histoire et en conclusion : parmi eux, qui fut « le meilleur de tous les temps » ?
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