mercredi 30 mai 2007

CLASSEMENTS DES PLUS GRANDS CHAMPIONS DE L’HISTOIRE - par période historique et par disciplines

Les meilleurs combattants de l’Histoire (cf. chapitre « Recensement des plus grands champions ») vont être présentés ci-dessous en treize classements distincts :

1- les lutteurs Grecs
2- les pugilistes Grecs
3- les pancratiastes Grecs
4- les combattants polyvalents Grecs
5- les lutteurs Romains
6- les pugilistes Romains
7- les pancratiastes Romains
8- les combattants polyvalents Romains
9- les lutteurs Mongols, Turcs et Japonais
10- les boxeurs Britanniques
11- les lutteurs Modernes
12- les boxeurs Modernes
13- et les pancratiastes Modernes.

Durant le Moyen-Âge et jusqu’à l’époque « contemporaine » (fin du XIXème siècle à nos jours), aucune compétition majeure internationale n’a permis de mettre en valeur des pancratiastes ou leur équivalent. Aucun combattant ne s’imposa non plus dans au moins deux disciplines distinctes (préhension / percussion / mixte).

De nos jours, personne n’a encore réussi à dominer son sport pendant plusieurs années tout en conquérant au moins un titre dans une autre discipline (définition du « combattant polyvalent » dans le cadre de cet ouvrage). Il n’y aura donc pas de classement spécifique. Par contre, avec les UFC et Pride FC, il est possible de citer quelques pancratiastes (ou « free-fighters »).

1 – Les meilleurs lutteurs (en « Orthopale ») de l’époque Grecque

Classement - Athlètes - Titres de référence - [conversion en années] - durée du règne
1 -
Milon de Crotone - 6 fois olympionique et 7 fois pythionique - [(6+7) x 2] - 26 ans environ
2 - Hipposthenes de Sparte - 6 fois olympionique - [6 x 4] - 24 ans environ
3 - Hetoimokles de Sparte - 5 fois olympionique - [5 x 4] - 20 ans environ
4 - Chairon de Pellene - 4 fois olympionique - [4 x 4] - 16 ans environ
5 ex æquo - Theopompos II d’Heraia - 2 fois olympionique - [2 x 4] - 8 ans environ
5 ex æquo - Euthymenes de Mainalos - 2 fois olympionique - [2 x 4] - 8 ans environ
5 ex æquo - Cheilon de Patrai - 2 fois olympionique et 2 fois pythionique - [(2+2) x 2] - 8 ans environ
5 ex æquo - Anauchidas d’Elis - 2 fois olympionique - [2 x 4] - 8 ans environ
9 ex aequo - Leontiskos de Messene - 2 fois olympionique et 1 fois pythionique - [(2+1) x 2] - 6 ans environ
9 ex aequo - Aristodamos d’Elis - 1 fois olympionique et 2 fois pythionique - [(1+2) x 2] - 6 ans environ

* Le palmarès complet de Milon de Crotone est connu (10 titres isthmiques et 9 néméens) mais pour établir la durée, la priorité a été donnée à « 26 ans environ » plutôt que « 10+9 = 19 ans » car il n’a probablement pas participé à toutes les compétitions. Il est d’ailleurs dit qu’il ne mit jamais un genou à terre, c’est-à-dire qu’il fut invaincu durant toute sa carrière … jusqu’à ce qu’il abandonne par épuisement (et non en étant terrassé) contre son jeune compatriote Timasithéos de Crotone lors de ses 7ème Jeux Olympiques.

* Pour départager Theopompos II d’Heraia, Euthymenes de Mainalos, Cheilon de Patrai et Anauchidas d’Elis (règnes estimés à huit années), on pourrait soit les classer du plus récent au plus ancien (en considérant que la compétition fut de plus en plus relevée avec le temps) soit regarder leurs autres titres. Dans ce cas, c’est Cheilon de Patrai qui sortirait du lot avec un total de 11 titres panhelléniques de la Période.

* Pour départager Leontiskos de Messene et Aristodamos d’Elis, la priorité peut être donnée aux victoires olympiques (un peu plus prestigieuses que les pythiques). Ainsi, Leontiskos de Messene devancerait son rival dans ce classement.

La durée moyenne d’un règne pour ces dix meilleurs lutteurs de l’époque Grecque est de 13 années.

2 – Les meilleurs pugilistes (Pugilat avec cestes) de l’époque Grecque

Classement - Athlètes - Titres de référence - [conversion en années] - durée du règne
1 -
Tisandros de Naxos en Sicile - 4 fois olympionique et 4 fois pythionique - [(4+4) x 2] - 16 ans environ
2 - Glaukos de Karystos - 1 fois olympionique et 2 ou plutôt 3 fois pythionique mais aussi un cumul de 16 à 18 titres isthmiques et néméens - moyenne de [(1+3) x 2 = 8] et de [10+8 = 18] - 13 ans environ
3 - Euthymos de Locres Epyzéphyriennes - 3 fois olympionique - [3 x 4] - 12 ans environ
4 ex aequo - Philon de Korkyra - 2 fois olympionique - [2 x 4] - 8 ans environ
4 ex aequo - Alkainetos de Lépréos - 2 fois olympionique - [2 x 4] - 8 ans environ
4 ex aequo - Satyros d’Elis - 2 fois olympionique et 2 fois pythionique - [(2+2) x 2] - 8 ans environ
4 ex aequo - Epitherses d’Erythrai - 2 fois olympionique et 2 fois pythionique - [(2+2) x 2] - 8 ans environ
4 ex aequo - D[…]gonos de Rhodes ? - 2 fois olympionique et 2 fois pythionique - [(2+2) x 2] - 8 ans environ
9 - Praxidamas d’Egine - 1 seule fois olympionique mais un cumul de 8 titres isthmiques et néméens - moyenne de [(1+0) x 2 = 2] et de [5+3 = 8] - 5 ans environ

* Glaukos de Karystos a accumulé des titres isthmiques et néméens sur près de 18 années. Cependant, pendant sa carrière, il n’a remporté au mieux « que » 4 titres olympiques et pythiques sur les 9 possibles. On peut donc supposer qu’il a dû partager ces couronnes avec différents rivaux.

* Euthymos de Locres Epyzéphyriennes a été le grand rival du pugiliste et pancratiaste Théagènes de Thasos pendant quatre olympiades.

* Parmi les 5 pugilistes grecs à égalité dans ce classement, D[…]gonos de Rhodes est vraisemblablement le plus titré puisqu’il a emporté deux fois « complètement » la Période ; c’est-à-dire deux fois 6 titres : un total de douze. Ensuite, Satyros d’Elis devance Epitherses d’Erythrai avec un total de 9 titres panhelléniques sur la période contre 8 (pour les autres, les informations sont fragmentaires).

* Enfin, Praxidamas d’Egine passe en dessous du seuil des 8 années de règne et ne peut plus figurer parmi les « meilleurs de tous les temps ».

La durée moyenne d’un règne pour ces huit meilleurs pugilistes de l’époque Grecque est de 10 années environ. Si l’on veut faire une moyenne sur les dix meilleurs pugilistes de la Grèce, afin de mieux comparer avec les autres disciplines, on peut réintégrer Praxidamas d’Egine et ajouter Diagoras de Rhodes (une fois olympionique et pythionique, également vainqueur de 6 titres isthmiques ou néméens). La durée moyenne des plus grands règnes devient alors : 9 années.

3 – Les meilleurs pancratiastes de l’époque Grecque

Classement - Athlètes - Titres de référence - [conversion en années] - durée du règne
1 -
Dorieus de Rhodes - 3 fois olympionique et 4 fois pythionique mais aussi un cumul de 15 titres isthmiques ou néméens - moyenne de [(3+4) x 2 = 14] et de [8 + 7 = 15] - 15 ans
2 - Astyanax de Milet - 3 fois olympionique et 3 fois pythionique - [(3+3) x 2] - 12 ans environ
3 - Sostratos de Sikyon - 3 fois olympionique et 2 fois pythionique mais aussi un cumul de 12 titres isthmiques ou néméens - moyenne de [(3+2) x 2 = 10] et de [6 + 6 = 12] - 11 ans environ
4 ex æquo - Arrhichion de Phigaleia - 3 fois olympionique - [(3 x 4) -2] - 10 ans environ
4 ex aequo - Timasitheos de Delphes - 2 fois olympionique et 3 fois pythionique - [(2+3) x 2] - 10 ans environ
6 - Agias de Pharsalos - 1 fois olympionique et 3 fois pythionique mais aussi un cumul de 10 titres isthmiques ou néméens - moyenne de [(1+3) x 2 = 8] et de [5 + 5 = 10] - 9 ans environ
7 ex aequo - Kallias d’Athènes - 1 fois olympionique et 2 fois pythionique mais aussi un cumul de 9 titres isthmiques ou néméens - moyenne de [(1+2) x 2 = 6] et de [5 + 4 = 9] - 8 ans environ
7 ex aequo - Damagetos de Rhodes - 2 fois olympionique - [2 x 4] - 8 ans environ
7 ex aequo - Androsthenes de Mainalos - 2 fois olympionique - [2 x 4] - 8 ans environ
7 ex aequo - Antenor de Milet (et citoyen honoraire d’Athènes) - 1 fois olympionique et 3 fois pythionique - [(1+3) x 2] - 8 ans environ
7 ex aequo - Nikon d’Anthedon - 2 fois olympionique et 2 fois pythionique mais aussi un cumul de 6 titres isthmiques ou néméens - [(2+2) x2] - 8 ans environ

* Astyanax était considéré comme le meilleur pancratiaste de son temps.

* Le malheureux Arrhichion mourut lors de son troisième sacre olympique (et fut couronné à titre posthume). L’estimation de sa durée de règne s’en trouve réduite de 12 à 10 années.

* Difficile de départager Kallias d’Athènes, Damagetos de Rhodes, Androsthenes de Mainalos et Antenor de Milet (citoyen honoraire d’Athènes). Kallias est celui qui a visiblement remporté le plus de titres panhelléniques (12 au total). Damagetos et Androsthènes sont ceux qui ont emporté deux fois le titre plus plus précieux : à Olympie. Enfin, Antenor de Milet fut le plus précoce étant invaincu dans les trois classes d’âge … mais hélas pour lui seule la catégorie « andres » (« senior ») était présente aux Jeux Olympiques de son époque.

La durée moyenne du règne les dix meilleurs pancratiastes de l’époque Grecque est de 10 années environ.

4 – Les meilleurs combattants polyvalents de l’époque Grecque

Classement - Athlètes - Titres de référence - [conversion en années] - durée du règne
1 -
Theogenes de Thasos - 2 fois olympionique et 3 fois pythionique mais aussi un cumul de 19 titres isthmiques ou néméens - moyenne de [(2+3) x 2 = 10] et de [10 + 9 = 19] - 15 ans environ
2 - Kleitomachos de Thèbes - 2 fois olympionique et 3 fois pythionique - [pancrace = (1+3) x 2; boxe = (1x2) + 1; lutte = 1] - 12 ans environ
3 ex aequo - Aristomenes de Rhodes - 2 fois olympionique - [2 x 4 = 8] - 8 ans environ
3 ex aequo - Kapros d’Elis - 2 fois olympionique - [2 x 4 = 8] - 8 ans environ
3 ex aequo - Paianos d’Elis - 1 fois olympionique et 3 fois pythionique - [(1+3) x 2] - 8 ans environ

Pour départager Aristomenes de Rhodes, Kapros d’Elis et Paianos d’Elis, on peut utiliser le nombre de victoires olympiques (qui sont les plus prestigieuses). Il faut savoir également que Kapros a détrôné Paianos en Lutte, aux Jeux Olympiques et lui est donc doublement supérieur.

Impossible de calculer une durée moyenne du règne des dix meilleurs combattants polyvalents … puisqu’ils ne furent que cinq sur pratiquement six siècles de compétition ! Néanmoins, avec les données en notre possession, la durée moyenne est pratiquement de 10 années.

5 – Les meilleurs lutteurs (en « Orthopale ») de l’époque Romaine

Classement - Athlètes - Titres de référence - [conversion en années] - durée du règne
1 -
Tiberius Claudius Patrobius d’Antiocheia de Syrie - 3 fois olympionique et 2 ou 3 fois pythionique - [(3+2) x 2] à [(3+3) x 2] - 10 à 12 ans environ
2 ex aequo - Marcus Aurelius Asclepiades d’Alexandrie - 2 fois olympionique et 2 fois pythionique - [(2+2) x 2] - 8 ans environ
2 ex aequo - ? Claudius Rufus d’Apollonius ? - 2 fois olympionique et 2 fois pythionique - [(2+2) x 2] - 8 ans environ

Bien que d’une durée équivalente à la période historique sous domination grecque dans les compétitions de sports de combat (708 à 146 avant JC ; soit 562 années), la période romaine (146 avant JC jusqu’à 393 après JC ; soit 539 ans) n’a produit que très peu de lutteurs susceptibles d’être comparés avec leurs prédecesseurs. A peine deux ou trois dont les règnes seraient d’au moins huit années. Avec un doute sur la discipline de prédilection de Claudius Rufus d’Apollonius.

La durée moyenne de ces trois règnes est de 9 années.

6 – Les meilleurs pugilistes (Pugilat) de l’époque Romaine

Classement - Athlètes - Titres de référence - [conversion en années] - durée du règne
1 ex aequo -
Demokrates de Magnesia (Maiandros) - 3 fois olympionique et 1 fois pythionique - [(3+1) x 2] - 8 ans environ
1 ex aequo - Thaliarchos d’Elis - 2 fois olympionique - [2 x 4] - 8 ans environ
1 ex aequo - Marcus Tullius d’Apamea de Bitinia - 2 fois olympionique mais 1 seule fois vainqueur de l’Agon Capitolin - [2 x 4] - 8 ans environ
1 ex aequo - … d’Ephese - 2 fois olympionique - [2 x 4] - 8 ans environ
1 ex aequo - ? Claudius Rufus d’Apollonius ? - 2 fois olympionique et 2 fois pythionique - [(2+2) x 2] - 8 ans environ

Quatre ou cinq (incertitude sur la discipline de Claudius Rufus) pugilistes dont les règnes ont duré approximativement 8 années. Parmi eux, un triple vainqueur olympique : Demokrates de Magnesia (Maiandros). C’est ce vainqueur « iconique » qui mérite sans doute la première place.

La durée moyenne de ces trois règnes est de 8 années.

7 – Les meilleurs pancratiastes de l’époque Romaine

Classement - Athlètes - Titres de référence - [conversion en années] - durée du règne
1 -
Marcus Aurelius Demostratus Damas de Sardis - 2 fois olympionique, 3 fois pythionique et
2 fois vainqueur de l’Agon Capitolin - [(2+3+2) x 4/3] - 10 années environ
2 ex aequo - ? Claudius Rufus d’Apollonius ? - 2 fois olympionique et 2 fois pythionique - [(2+2) x 2] - 8 années environ
2 ex aequo - Hermas d’Antiocheia de Syrie - 2 fois olympionique - [2 x 4] - 8 années environ
4 - Titus Flavius Artemidorus d’Adana (citoyen honoraire d’Antiocheia en Syrie) - 2 fois olympionique, 2 fois pythionique et 1 fois vainqueur de l’Agon Capitolin - [(2+2+1) x 4/3] - 7 années environ
5 - Marcus Aurélius Asclépiades d’Alexandrie (d’Hermodoros plus précisément) - 1 fois olympionique, 1 fois pythionique et 2 fois vainqueur de l’Agon Capitolin - [(1+1+2) x 4/3] - 6 années environ
6 - [Phili]ppos Glykon de Pergamon - 1 (ou 3) fois olympionique - [1 x 4] à [3 x 4] - 4 (ou 12) années environ

Seulement deux ou trois pancratiastes (incertitude sur la discipline de prédilection de Claudius Rufus) se révèlent dépasser le seuil des 8 années de règne qui permet de figurer dans le classement des meilleurs.
La durée moyenne de ces trois règnes est de 9 années.

lundi 28 mai 2007

8 - Les meilleurs combattants polyvalents de l’époque Romaine

Classement - Athlètes - Titres de référence - [conversion en années] - durée du règne
1 -
Titus Flavius Archibius d’Alexandrie - 2 fois olympionique, 4 fois pythionique et 4 fois vainqueur de l’Agon Capitolin - [(2+4+4) x 4/3] - 14 années environ
2 - Straton d’Alexandrie - 3 fois olympionique et 2 à 4 fois pythionique - [3 x 4] - 12 années environ
3 ex aequo - Aurelius Helix (ou Aelix) de Phoenicia - 2 fois olympionique et 2 fois vainqueur de l’Agon Capitolin - [2 x 4] - 8 années environ
3 ex aequo - Nikostratos d’Aigai (Cilicia) - 2 fois olympionique - [2 x 4] - 8 années environ
3 ex aequo - Aristeas de Stratonikea - 2 fois olympionique - [2 x 4] - 8 années environ
3 ex aequo - Marion d’Alexandrie - 2 fois olympionique - [2 x 4] - 8 années environ
3 ex aequo - Protophanes de Magnesia de Maiandros - 2 fois olympionique - [2 x 4] - 8 années environ

* Bien qu’essentiellement pancratiaste, Titus Flavius Archibius d’Alexandrie a remporté un de ses quatre titres pythiques en Lutte. Il a glané des titres sur quatre olympiades comme l’attestent ses 4 couronnes dans l’Agon Capitolin de Rome.

* Straton d’Alexandrie fut désigné comme le combattant polyvalent de référence par l’auteur grec du IIème siècle après JC : Pausanias. « Ils furent trois avant Straton et trois après lui à réussir le doublé Lutte Pancrace aux Jeux Olympiques ». L’estimation de 12 années de règne est peut-être inférieure à la réalité … En effet, ayant réussi l’exploit de remporter le doublé lutte-pancrace dans la catégorie « enfants » (aujourd’hui, on dirait « juniors ») et le même jour dans la catégorie « imberbes » (aujourd’hui, on dirait « espoirs »), lors de Jeux Néméens (équivalant de nos jours à un championnat ou à une coupe du monde), on peut comprendre qu’il a dû collectionner de nombreux autres titres (étant donné sa précocité). A Delphes, anciennement appelée Pythô, il s’imposa lors des Jeux de 70 et 66 avant JC. Si comme à Némée, par deux fois, et à Olympie, une fois, il y réussit des doublés, l’estimation de sa durée de règne atteindrait alors les 14 années. Mais hélas, faute de données historiques, on ne peut qu’imaginer.

* Tous les autres combattants polyvalents étant doubles olympioniques, pour les départager, on peut adopter l’ordre inversément chronologique ; en considérant que la compétition devient plus relevée de siècle en siècle … mais ce n’est pas forcément vrai quand on lit les auteurs romains parler de « déclin des Jeux ».

La durée moyenne de ces sept règnes est d’un peu moins de 10 années.

9 - Les meilleurs lutteurs (Turcs, Mongols et Japonais) de l’âge des empires asiatiques jusqu’au XIXème siècle

Pour être exhaustif, tous les meilleurs lutteurs de Bokh (lutte mongole), de Yagli Gures (lutte turque à l’huile) et de Sumo (lutte japonaise) vont être repris ci-dessous. Mais ensuite, un tableau récapitulatif ne prendra plus en compte que ceux ayant évolué avant le XXème siècle étant donné qu’au delà, la compétition de référence est devenue : les Jeux Olympiques Modernes.

Les compétitions traditionnelles (Naadam et Kirkpinar) ont en effet perdu leur aura internationale. Aujourd’hui, seuls les Pays-Bas et le Japon se joignent à la Turquie dans des compétitions de Kirkpinar. Et seule la Chine organise, conjointement à la Mongolie, des événements proches du Naadam. Par contre, la culture japonaise séduit et ce sont aujourd’hui plus de 80 pays dans le monde qui adhèrent à la fédération internationale de Sumo.

Kirkpinar ancien et moderne

Classement - Athlètes Turcs traditionnels - Titres de référence -durée du règne
1-
Gaddar Kel Aliço - vainqueur de tous les Kirkpinar de 1861 à 1886 - 26 ans
2 - Adali Halil - 18 fois vainqueur du Kirpinar entre 1888 et sa défaite de 1914 - 18 ans
3 ex aequo- Karamürselli Ahmet Taşçı - 9 fois vainqueur du Kirpinar 1990-1993, 1995-1997 et 1999-2000 - 9 ans
3 ex aequo - Koca Youssouf Isamelo - peut-être 9 fois vainqueur du Kirpinar en 1887 puis de 1889 à 1896 - 9 ans environ
5 - Tekirdağlı Hüseyin Akkaya - 8 fois vainqueur du Kirpinar de 1935 à 1942 - 8 années

La durée moyenne de ces cinq règnes dans le Kirkpinar est de 14 années


Naadam moderne

Classement - Athlètes Mongols traditionnels - Titres de référence - durée du règne
1 - Bat-Erdene (Badmaanaymbuu Bat-Erdene) - 12 fois vainqueur du Naadam dans les années 1980-90 - 12 ans
2 - Bayanmönkh (Khorloo Bayanmunkh) - 10 fois vainqueur du Naadam dans les années 1960-70 et champion du monde de Lutte Libre 1975 - 10 ans
3 - Mönkhbat (Jigjidym Munkhbat) - 8 fois vainqueur du Naadam dans les années 1960 - 8 ans

La durée moyenne de ces trois règnes dans le Naadam est de 10 années.


Bashos anciens et modernes

Plus que le titre de Yokozuna (« grand champion »), honorifique par rapport à celui de simple Ozeki (« champion »), c’est le nombre de Tournois de l’Empereur (Bashos) remportés qui va permettre d’estimer la durée réelle d’un règne.



Ne seront donc listés dans le tableau ci-dessous que les yokozunas ayant totalisé au moins une dizaines de titres de « yusho » (vainqueur d’un basho).



Pour convertir les titres en années, une difficulté réside cependant dans la fréquence des Bashos qui a varié selon les époques :
- 1 ou 2 tournois par an de 1757 à 1926 ;
- 4 ou 5 tournois par an de 1927 à 1932 :
- 2 ou 3 tournois par an de 1932 à 1948 ;
- 3 tournois par an de 1949 à 1952 ;
- puis 4 ou 5 tournois par an de 1953 à 1957 ;
- et finalement 6 tournois par an à partir de 1958.

Une remarque mathématique : lors de la conversion (des titres en années), la durée sera arrondie à l’unité supérieure.

Pour départager les meilleurs qui seraient à égalité en terme de durée approximative du règne, on pourrait faire appel à un second critère : le nombre total de titres.

Classement - Athlètes Japonais traditionnels ou « gayjin » assimilés - Titres de référence - [conversion en années] - durée du règne
1 -
Tanikaze - 21 fois yusho (« vainqueur ») entre 1772 et 1793, yokozuna de 1789 à 1794 -
[21 : 2] - 11 ans environ
2 - Taiho - 32 fois yusho, yokozuna de 1961 à 1971 - [32 : 6] - 6 ans environ
3 - Chiyonofuji - 31 fois yusho, yokozuna de 1981 à 1991 - [31 : 6] - 6 ans environ
4 - Futabayama - 12 fois yusho entre 1936 et 1943, yokozuna de 1937 à 1945 - [12 : 2] - 6 ans environ
5 - Tachiyama - 11 fois yusho, yokozuna de 1911 à 1918 - [11 : 2] - 6 ans environ
6 ex aequo - Okido - 10 fois yusho, yokozuna de 1912 à 1914 - [10 : 2] - 5 ans environ
6 ex aequo - Inazuma - 10 fois yusho, yokozuna de 1830 à 1839 - [10 : 2 de moyenne] - 5 ans environ
8 - Kitanoumi - 24 fois yusho, yokozuna de 1974 à 1985 - [24 : 6] - 4 ans environ
9 - Takanohana II - 22 fois yusho, yokozuna de 1995 à 2003 - [22 : 6] - 4 ans environ
10 - Asashoryu - 20 fois yusho, yokozuna depuis 2003 - [20 : 6] - 4 ans environ
11 - Tsunenohana - 10 fois yusho, yokozuna de 1924 à 1930 - [10 : 3 de moyenne] - 4 ans environ
12 - Wajima - 14 fois yusho, yokozuna de 1973 à 1981 - [14 : 6] - 3 ans environ
13 - Musashimaru - 12 fois yusho, yokozuna de 1999 à 2003 - [12 : 6] - 2 ans environ
14 - Akebono - 11 fois yusho, yokozuna de 1993 à 2001 - [11 : 6] - 2 ans environ
15 ex aequo - Kitanofuji - 10 fois yusho, yokozuna de 1970 à 1974 - [10 : 6] - 2 ans environ
15 ex aequo - Wakanohana I - 10 fois yusho, yokozuna de 1958 à 1962 - [10 : 6] - 2 ans environ
15 ex aequo - Tochinishiki - 10 fois yusho, yokozuna de 1954 à 1960 - [10 : 5 de moyenne] - 2 ans environ

* Tochinishiki a été yokozuna entre 1954 et 1960. Il y eut 4 bashos par an en 1954, 1955 et 1956, 5 bashos en 1957 et ensuite 6 bashos par an en 1958, 1959 et 1960.
* Tsunenohana a été yokozuna entre 1924 et 1930. Il y eut 2 bashos par an en 1924, 1925 et 1926 puis 4 par an entre 1927 et 1930.
* Inazuma a été yokozuna entre 1830 et 1839. A l’exception de l’année 1832 où il n’y eut qu’un seul basho, toutes les autres en ont connu deux.

Finalement, un seul yokozuna et un seul ozeki ont dominé le Sumo sur une durée supérieure à deux olympiades ! Tanikaze, dont la carrière au sommet s’est étendue de 1772 à 1793 (21 années), n’a réellement et pleinement dominé le Sumo que 11 années. Son palmarès en Makuuchi (la division supérieure des sumotoris) est de 258 victoires, 14 défaites et 113 forfaits (non participation aux tournois majeurs). Son rapport victoires/combats disputés est certes excellent (95% de victoires) mais si l’on compare avec le nombre total de combats qu’il aurait dû livrer, il passe à 67% « seulement ».
Son élève Torokishi Raiden a fait un peu mieux : carrière de 1790 à 1811 (21 années), avec 254 victoires contre 10 défaites (taux de victoire : 96%). Il remporta 28 basho dont 3 à égalité avec Kashiwado, ce qui correspond à une domination de 14 années environ.

La durée moyenne du règne des dix meilleurs (en terme de longévité) yokozunas est de 7 années environ.


Tableau récapitulatif
Bilan des trois compétitions (en ne gardant que les champions dont les règnes sont au moins en partie antérieurs aux Jeux Olympiques Modernes).

Classement - Athlètes - Titres de référence - [conversion en années] - durée du règne
1 -
Gaddar Kel Aliço - vainqueur de tous les Kirkpinar de 1861 à 1886 - 26 ans
2 - Adali Halil - 18 fois vainqueur du Kirpinar entre 1888 et sa défaite de 1914 - 18 ans
3 - (Torokishi) Raiden - 28 fois yusho ("vainqueur") entre 1790 et 1810, ozeki de 1795 à 1811 - [28:2] - 14 ans environ
4 - Tanikaze - 21 fois yusho (« vainqueur ») entre 1772 et 1793, yokozuna de 1789 à 1794 - [21 : 2] - 11 ans environ
5 - Koca Youssouf Isamelo - peut-être 9 fois vainqueur du Kirpinar en 1887 puis de 1889 à 1896 - 9 ans environ

La durée moyenne de ces quatre règnes est de 16 années.

samedi 19 mai 2007

10 - Les meilleurs boxeurs (à poings nus) de l’époque coloniale Britannique jusqu’au XIXème siècle

Classement - Athlètes - Titres de référence - durée du règne

1-
Tom Cribb d’Angleterre « champion du monde » 1809-1822 -13 années
2 - Jack Broughton d’Angleterre - « champion du monde » 1738-1750 - 12 années
3 - James Figg d’Angleterre - « champion du monde » 1719-1730 - 11 années
4 ex aequo - John L. Sullivan des Etats-Unis d’Amérique - « champion du monde » 1882-1892 - 10 années
4 ex aequo - Jack Slack d’Irlande - « champion du monde » 1750-1760 - 10 années
6 - Jem Mace d’Angleterre - « champion du monde » (reconnu comme tel en Angleterre) 1861-1862, 1863-1871 - 9 années
7 - Joe Coburn des Etats-Unis d’Amérique - « champion du monde » (reconnu comme tel aux Etats-Unis) 1863-1871 - 8années

* Tom Cribb est le seul boxeur Blanc de cette époque qui acceptera de mettre son titre mondial en jeu contre un fils d’esclave Noir Américain : Tom Molineaux. Il n’en gagnera que plus de respect, acquérant ainsi le surnom de « Diamant noir » ; mais il faudra attendre pratiquement un siècle (1908) et le Canadien Tommy Burns pour qu’un autre Blanc accepte le défi d’un Noir : Jack Johnson. Victoire de Johnson.

* Pour départager John L. Sullivan et Jack Slack, on peut mettre en avant celui dont le règne est plus proche de l’époque contemporaine ; en considérant que la compétition devient de plus en plus âpre avec les décennies. Mais cet a priori n’est pas forcément vrai.

* Jem Mace et Joe Coburn ont régné parallèlement (comme tant de « champions de l’alphabet » en boxe professionnelle de nos jours) et ont été tous deux battus par Tom King (1862-63) qui se retirera après ces victoires.

La durée moyenne de ces sept règnes est de 11 années (en arrondissant à l’unité supérieure).

11 - Les meilleurs lutteurs (Lutte Gréco-Romaine, Lutte Libre, Judo) de l’époque contemporaine (depuis la restauration des Jeux Olympiques en 1896).

Classement - Athlètes - Titres de référence - [conversion en années] - durée du règne

1 - Alexander Karelin d’URSS puis de la CEI et enfin de Russie - 3 fois champion olympique, 2 fois champion du monde « espoirs », 9 fois champion du monde et 1 fois vainqueur de la coupe du monde - [3 +(2+9)+ 1/2] - 15 ans environ
2 - Masahiko Kimura du Japon - vainqueur des championnats de Judo du Japon 1937, 38, 39 et 1949 (mais pas 1948) - 12 ans
3 - Alexander Medved d’URSS - 3 fois champion olympique et 7 fois champion du monde - [3 + 7] - 10 ans
4 ex aequo - Bruce Baumgartner des Etats-Unis d’Amérique - 2 fois champion olympique, 3 fois champion du monde et vainqueur de 7 coupes du monde - [2 + 3+ (7 : 2)] - 8 ans environ
4 ex æquo - Soslan Andiev d’URSS - 2 fois champion olympique, 5 fois champion du monde
et vainqueur de 2 coupes du monde - [2 + 5+(2 : 2)] - 8 ans environ
4 ex aequo - Carl Westergren de Suède - 3 fois champion olympique, 1 fois champion du monde - [1+6+1] - 8 ans environ
4 ex æquo - Kristjan Palusalu d’Estonie - 2 fois champion olympique (doublé) - [2 x 4] - 8 ans environ
4 ex æquo - Johan Richthoff de Suède - 2 fois champion olympique - [2 x 4] - 8 ans environ
9 - David Douillet de France - 2 fois champion olympique, 4 fois champion du monde - [équivalant à : 1993-1999+ 2000-2001] - 7 ans environ
10 ex aequo - Istvan Kozma de Hongrie - 2 fois champion olympique et 3 fois champion du monde - [2 + 3] - 5 ans
10 ex aequo - Yasuhiro Yamashita du Japon - 1 fois champion olympique et 4 fois champion du monde - [équivalant à : 1979-80 + 1981-85] - 5 ans environ
12 ex aequo - Willem Ruska des Pays-Bas - 2 fois champion olympique et 2 fois champion du monde - [équivalant à : 1967-69 + 1971-73] - 4 ans environ
12 ex aequo - Alexander Koltschinski d’URSS - 2 fois champion olympique, 1 fois champion du monde et 1 fois vainqueur de la coupe du monde - [2+1+1/2] - 4 ans environ
14 - Hitoshi Saito du Japon - 2 fois champion olympique et 1 fois champion du monde - [équivalant à : 1983-85 + 1988-89] - 3 ans environ

* La même année 1920 ont lieu les VIIèmes Jeux Olympiques Modernes et les 9ème championnats du monde. Carl Westergren ne remporte qu’une des deux épreuves : les Jeux. En 1921, ont lieu des 10èmes championnats du monde. Carl Westergren est encore absent du palmarès. Mais en 1922, il s’empare enfin du titre mondial. Ce seront les derniers championnats de lutte gréco-romaine avant 1950. Il confirme sa domination en 1924 (nouveau titre olympique) qu’il ne cède qu’en 1928. Mais en 1932, il réussit un baroud d’honneur en redevenant champion olympique. Il sera détrôné dès 1933 par l’Allemand Kurt Hornfischer au niveau européen et par Palusalu en 1936 au niveau olympique.

* Masahiko Kimura (5'6" = 1m68) obtient en 1937 son premier titre majeur aux All Japan Judo Championships (à 20 ans, 84 kg) puis le conserve en 1938 et 1939. Eu égard à cette triple victoire, Kimura se voit offrir le drapeau du championnat. Survient alors la Seconde Guerre Mondiale (en 1941 pour le Japon). En 1947, une compétition est organisée pour déterminer qui est le champion de M. Kimura, Yasuichi Matsumoto (1m87, 84 kg) ou Yoshihiko Yoshimatsu (1m80, 113 kg). Malgré sa victoire, Kimura n’est pas invité en 1948 aux All Japan parce qu'il refuse de rendre le drapeau de ce championnat (l'équivalent de la ceinture en boxe, ou de la coupe en football) et c'est son plus coriace adversaire qui obtiendra le titre suprême au mois de mai : Y. Matsumoto. En 1949, Kimura est à nouveau admis aux championnats (All Japan) et Takahiko Ishikawa et lui, qui ne peuvent se départager, sont déclarés co-vainqueurs.

* A l’époque d’Istvan Kozma (dans les années 1960), les championnats du monde et les Jeux Olympiques s’enchaînent. Tous les ans, la suprématie mondiale est remise en cause. Chaque titre ne correspond plus qu’à une année de domination.

* Les coupes du monde apparaissent en luttes olympiques dès 1973 pour la Lutte Libre et 1980 pour la Gréco-Romaine. Leur périodicité est irrégulière (bien que généralement annuelle) et elles s’ajoutent au calendrier qui prévoit déjà soit les Jeux Olympiques, soit les championnats du monde. Un peu comme les Jeux Isthmiques en qui se déroulaient les mêmes années que les Jeux Olympiques ou Pythiques. Alexander Koltschinski en est le premier vainqueur en Gréco-Romaine en 1980. Mais ce titre est d’une valeur inférieure aux championnats du monde individuels ou aux JO.

* La carrière de Bruce Baumgartner s’étend sur quatre olympiades. Mais il n’a pleinement dominé que 5 années avec des titres mondiaux ou olympiques. Ses autres titres majeurs (des coupes du monde) ne doivent pas occulter le fait qu’il y eut plusieurs fois un autre compétiteur « champion du monde » individuel cette même année : Salman Khasimikov en 1982, Ali Reza Soleimani Karbalayee en 1989, David Gobedishvili en 1990, Andreas Schoeder en 1991, Mahmut Demir en 1994, et Zekeriya Gueclue en 1997.

* Willem Ruska des Pays-Bas remporte les championnats du monde de Judo 1967 mais il ne participe pas aux JO de 1968 … puisque le Judo n’y est pas. Cet art martial fut accepté « en démonstration » en 1964 mais ne deviendra officiel qu’en 1972. En 1969, Ruska n’est plus champion du monde. Il le redevient en 1971 et confirme avec un doublé en 1972. Son règne s’achève avec les championnats du monde de 1973.

* Yasuhiro Yamashita du Japon est champion du monde 1979 mais il ne participe pas aux JO de 1980 (boycott du Japon) ; ce qui profite au Français Angelo Parisi. En 1981, redevient champion du monde et ne sera pas battu jusqu’à sa retraite ; après le couronnement de sa carrière par un sacre olympique en « toutes catégories ». Y.Masaki lui succède en 1985.

* Hitoshi Saito est champion du monde de Judo en 1983 et confirme par un titre olympique en 1984. Mais en 1985, le champion du monde est Y.Masaki. En 1988, Saito redevient champion olympique mais en 1989, le nouveau roi du Judo s’appelle Naoya Ogawa (4 fois champion du monde mais jamais champion olympique).

* De 1993 à 1997, David Douillet remporte tous les titres : champion du monde 1993, 1995 et 1997, champion olympique 1996. Mais en 1999, bénéficiant d’une blessure de Douillet, Shinishi Shinohara est le nouveau champion du Judo. David Douillet revient en 2000 et remporte les Jeux Olympiques. En 2001, c’est le Russe Alexandre Mikhaylin qui lui succède.

12 – Les meilleurs boxeurs (Boxe Anglaise Amateur, Boxe Anglaise Pro) depuis l’apparition des règles du Marquis de Queensbury en Boxe (1892)

Classement - Athlètes - Titres de référence - [conversion en années] - durée du règne

1-
Felix Savon-Fabre de Cuba - 3 fois champion olympique, 1 fois champion du monde « juniors » amateur, 6 fois champion du monde amateur et 4 fois vainqueur de la coupe du monde - [3+(1+6)+4] - 14 ans
2 ex æquo - Cassius Clay alias Mohamed Ali des Etats-Unis - 1 fois champion olympique et 3 fois champion du monde «poids lourds» 1964-67 ; 1974-78 ; 1978-79 - [(1x4)+4+4+1] - 12 ans environ
2 ex æquo - Teofilo Stevenson de Cuba - 3 fois champion olympique et 3 fois champion du monde amateur - [(3+3) x 2] - 12 ans environ
2 ex æquo - Joe Louis des Etats-Unis - champion du monde « poids lourds » 1937-1949 -
12 ans
5 - Lennox Lewis du Canada puis d’Angleterre - 1 fois champion du monde « juniors » chez les amateurs et 1 fois champion olympique ; 3 fois champion du monde «poids lourds» chez les professionnels 1992-94 ; 1997-2001 ; 2001-04 - [(1+1)+(2+4+3)] - 11 ans environ
6 ex æquo - Evander Holyfield des Etats-Unis - champion du monde des «mi-lourds» (traduction de cruiserweight) : 1986-1988 et 4 fois champion du monde
des «poids lourds» : 1990-92 ; 1993-94 ; 1996-99 ; 2000-01 - [2+2+1+3+1] - 9 ans
6 ex æquo - Joe Frazier des Etats-Unis - 1 fois champion olympique et champion du monde «poids lourds» 1968-1973 - [(1 x 4)+5] - 9 ans environ
6 ex æquo - Floyd Patterson des Etats-Unis - 1 fois champion olympique et 2 fois champion du monde «poids lourds» 1956-59 ; 1960-62 - [(1 x 4)+3+2] - 9 ans environ
9 - Bob Fitzsimmons de Nouvelle-Zélande - champion du monde «moins de 71,667 kg» de 1891 à 1897, champion du monde «plus de 71,667 kg» de 1897 à 1899 - [6 + 2] - 8 ans
10 ex æquo - Roberto Balado de Cuba - 1 fois champion olympique, 1 fois champion du monde “juniors” amateur, 3 fois champion du monde amateur et 2 fois vainqueur de la coupe du monde - [1+1+3+2] - 7 ans
10 ex æquo - Michael Spinks des Etats-Unis - 1 fois champion olympique, champion du monde «moins de 79,387 kg» de 1981 à 1985 et «poids lourds» de 1985 à 1986 - [(1 x 2)+4 + 1] - 7 ans environ

* A l’époque où il n’existait que trois catégories de poids en Boxe, et que la limite entre « poids moyens » et « poids lourds » était de 71,667 kg, Bob Fitzsimmons domina outrageusement sa catégorie tandis que James J. Corbett (pesant seulement 81 kg) domainait celle des « lourds ». Lorsqu’ils se rencontrèrent, Fitzsimmons l’emporta par KO à la 14ème reprise. Il prouva ainsi qu’il était meilleur que Corbett, peut-être même depuis longtemps. Par contre, après sa double défaite contre James J. Jeffries, Fitzsimmons dut se contenter d’un titre « de consolation », celui fraîchement créé des « poids lourds-légers » à 79,387 kg. Son ultime règne (1903-1905), n’est pas comptabilisé dans le tableau ci-dessus.

* A l’époque de Floyd Patterson, la seule compétition mondiale pour les boxeurs amateurs était les Jeux Olympiques. La périodicité de 4 années lui confère un règne chez les amateurs estimé à 4 ans. Auxquels s’ajoutent ses règnes professionnels.

* Même démarche pour Cassius Clay alias Mohamed/Muhammad Ali. Il n’existait que les Jeux Olympiques au niveau mondial, chez les amateurs. Son titre correspond donc à un règne de 4 années. Auxquelles s’additionnent les trois règnes chez les professionnels. Il faut aussi se souvenir que Mohamed Ali fut destitué de son titre de champion du monde en 1968 pour des raisons politiques. Sans cette cause extra-sportive, il aurait peut-être conservé son titre jusqu’en 1971 (défaite contre Joe Frazier) ou peut-être même au-delà. Mais avec des « si » …

* Les premiers championnats du monde de boxe amateur ont lieu en 1974. Leur périodicité initiale est de 4 années, intercalés entre deux Jeux Olympiques. Ces deux compétitions sont donc au départ de valeur quasi-équivalente ; exactement comme les Jeux Olympiques et les Jeux Pyhtiques de l’Antiquité. Couronné en 1972, Michael Spinks ne reste en tête des palmarès amateurs que deux années et non quatre, contrairement à ses prédécesseurs (Ali, Frazier, Patterson, etc).

* Actif pendant quatre olympiades, Teofilo remporte 3 titres olympiques et 3 mondiaux sur un cumul de 8 possibles. Il est effectivement battu lors d’un championnat du monde amateur mais le titre olympique qui lui manque (celui de 1984) est plutôt dû à une décision politique (à l’instar de son homologue Mohamed Ali) : Cuba ayant boycotté les Jeux de 1984.

* A l’époque de Lennox Lewis, il existe des compétitions mondiales amateurs chaque année. Dans une olympiade, on dénombre :
- une édition des Jeux Olympiques
- deux championnats du monde
- et une coupe du monde (depuis 1979, même année que l’apparition des championnats du monde « juniors »).

* Felix Savon a dominé sa discipline pendant quatre olympiades. Seulement deux titres internationaux lui ont échappé (les JO de 1988 et les championnats du monde de 1999), chaque fois à cause d’un boycott. Son règne aurait donc pu rêtre plus long de deux années … ou en tout cas d’une année ; puisqu’il ne faut pas oublier qu’il doit un de ses titres mondiaux (celui de 1997) à la disqualification de son vainqueur en finale Ruslan Chagaev.

* Dominateur de sa catégorie (« plus de 91 kg ») de 1987 à 1994, Roberto Baldo Mendez aurait pu entrer dans le tableau ci-dessus si Cuba n’avait pas boycotté les Jeux Olympiques de 1988.

13 – Les meilleurs « pancratiastes » (aujourd’hui nommés « free-fighters ») issus de l’Ultimate Fighting Championship ou du Pride Grand Prix.

Les compétitions internationales de « vale tudo » (« tout va » », traduit du brésilien, c’est-à-dire « tout est permis ») s’apparentent au Pankration antique (littéralement : pouvoir tout faire, du grec « pan – kratos »).
Mais leur existence se limitant à une douzaine d’années sans forcément de cohésion entre les différentes organisations, il est difficile d’affirmer avec certitude quel combattant fut le champion « international » du moment.
Une solution consiste à suivre chronologiquement le champion depuis le précurseur Royce Gracie (vainqueur en 1993 de l’UFC I) selon le principe de « l’homme qui a battu l’homme ».

« L'homme qui a battu l’homme »

Parfois, des titres sont laissés vacants pour des raisons "politiques", c'est-à-dire de différent entre l'organisateur du tournoi ou du championnat et le combattant, sans pour autant que ce dernier ait été battu. C'est injuste et on perd la lignée de "l'homme qui a battu l'homme", c'est-à-dire du vrai champion.

Voici la lignée exhaustive depuis 1993 et le premier Ultimate Fighting Championship ; premier tournoi d'arts martiaux mixtes de niveau international.

Le 12 novembre 1993, Royce Gracie, 1m83, 80 kg, expert de Gracie Jiu-Jitsu et fils du maître fondateur Helio, remporte l'UFC 1, un tournoi "sans règle" à 8 hommes. Après avoir battu Art Jimmerson et Ken Shamrock, il soumet en finale Gérard Gordeau et devient le premier champion international de "combat libre".
Il défendra victorieusement son titre huit fois (successivement contre Minoki Ichihara, Jason De Lucia, Remco Pardoel, Patrick Smith, Kimo Leopoldo, Ron Van Clief, Keith Hackney et Dan Severn). Lors de sa 9ème défense, il doit concéder le match nul à Ken Shamrock. Royce Gracie arrête la compétition pendant 5 années après ce dur combat.

Ken Shamrock, 1m85, 98 kg à l'époque (oscillant depuis entre 91 et 107 kg) obtient le match nul face à Royce Gracie le 7 avril 1995. Le retrait de son adversaire et champion incontesté depuis 1993, propulse Ken Shamrock au sommet. Il est désormais l'homme à battre. Le principe du "super-fight de l'UFC" est créé pour lui. Mais ce que beaucoup ignorent, c'est que Ken Shamrock perdra en ligue de Pancrase dès son combat suivant !

Le 13 mai 1995, Minoru Suzuki, 1m78, 88 kg, soumet Ken Shamrock par une clé de genou. En ligue de Pancrase, toujours, Suzuki défendra son titre (de 2ème "king of pancrase") deux fois : contre Larry Papadopoulos et Jason De Lucia (encore lui !) avant de se faire battre dès le 1er septembre 1995 par Bas Rutten sur une guillotine.

Bas Rutten, 1m85, 100 kg, est donc le 3ème "king of pancrase" et le vrai champion dans la lignée de Royce Gracie dès ce 1er septembre 1995. Il défendra officiellement son titre deux fois (contre Maurice Smith et Ryushi Yanagisawa) avant de se blesser et de voir Frank Shamrock s'emparer d'un titre "par interim" sans valeur pour ce qui est de la lignée "L'homme qui a battu l'homme". D'ailleurs, après deux combats de rentrée (contre Guy Mezger et Katsuomi Inagaki), Bas Rutten retrouve Frank Shamrock et le bat par TKO (coupure). La série de victoires du Néerlandais continuera jusqu'au 7 mai 1999 date à laquelle il ajoutera le titre UFC à feu son titre de Pancrase (qu'il abandonna dès décembre 1996, sa fiançée donnant naissance à leur enfant). Sa série ininterrompue de victoires le verra ainsi triompher de : Jason De Lucia (pour la 3ème fois challenger malheureux du vrai champion !), Masakatsu Funaki, Manabu Yamada, Osami Shibuya (1m85, 91 kg, qui obtiendra le match nul contre Rutten le 22 mars 1997), Kiuma Kunioku, Takaku Fuke, Osami Shibuya (qui se soumettra lors de cette revanche du 6 septembre 1997), Keiichiro Yamamiya, Kengo Watanabe, Tsuyoshi Kohsaka et enfin Kevin Randleman le 7 mai 1999.

A cette date, le titre est vraiment vacant puisque Bas Rutten (après sa série de 16 victoires) ne reviendra plus à la compétition. Faut-il voir en Kevin Randleman, son dernier adversaire, battu sur une décision des juges contestée, le champion du titre vacant ? Ou au moins un co-challenger crédible ?

Kevin Randleman, 1m78, 96 kg à l'époque (moins de 93 kg aujourd'hui) doit faire ses preuves (même s'il avait, juste avant sa défaite contre Rutten, battu l'ancien champion de l'UFC : Maurice Smith). Le 19 novembre 1999, il bat sur décision des juges Pete Williams (tombeur de Mark Coleman l'année précédente). Il bat ensuite une autre pointure de l'UFC en la personne de Pedro Rizzo mais s'incline le 17 novembre 2000 contre Randy Couture par TKO.

Cette victoire de Randy Couture, 1m85, 102 kg à l'époque (moins de 93 kg aujourd'hui) est sa première résurrection. Vainqueur de l'UFC 13 puis de Vitor Belfort et de Maurice Smith pour le titre de champion de l'UFC, Randy Couture avait tenté "l'aventure japonaise" pour y subir deux défaites cuisantes de la part d'Enson Inoue (au JVT '98) et Mikhail Illoukhine (de la Rings).
Après cette "prise du titre" du 17 novembre 2000, Couture retourne à la Rings pour participer à la grande finale du tournoi intitulé "King of Kings". Nous sommes le 24 février 2001. En quart de finale, il bat Tsuyoshi Kohsaka (qui s'incline ainsi pour la 2ème fois devant le "vrai" champion) mais en demi-finale, il perd contre Valentijn Overeem par une guilottine.

Valentijn Overeem, 1m90, 103 kg, aura le règne le plus court de la série de "l'homme qui a battu l'homme". Lors de cette même soirée du 24 février 2001, il sera battu par celui qui va devenir la référence de la décennie en "combat libre" : Antonio Rodrigo Nogueira dit "Minotauro", sur sa prise spéciale : l'étranglement en triangle avec clé de bras en hyper-extension.

Antonio Rodrigo Nogueira dit "Minotauro", 1m90, 105 kg, intègre le Pride (l'organisation la plus prestigieuse du Japon et même du monde puisqu'elle détrône l'UFC) lors de la 15ème édition. Il y bat le très populaire Gary Goodridge ce qui lui donne le droit d'affronter dès le Pride 16, du 24 septembre 2001, Mark Coleman qui est devenu le champion de cette organisation lors du Pride Grand Prix 2000 (du 1er mai 2000) et par ailleurs double vainqueur de l'UFC. Ce combat est en quelque sorte une unification de titre et plus aucun doute ne sera désormais possible quant à la succession de Royce->K.Shamrock->Suzuki->Rutten. D'ailleurs, Royce Gracie avait fait son retour à la compétition spécialement pour ce Pride Grand Prix 2000 et l'on aurait pu débattre pour savoir qui de Ken Shamrock (et ses successeurs) ou de Royce était encore le "vrai" champion.
Royce Gracie y perdit contre Kazushi Sakuraba qui lui-même perdit contre Igor Vovchanchyn qui lui-même perdit contre Mark Coleman.
Le 24 septembre 2001, plus aucun doute possible : la vainqueur du combat Nogueira vs Coleman sera l'incontestable champion. Et c'est Nogueira qui s'impose par triangle et clé de bras. Il défendra ensuite successivement son titre du Pride contre : Heath Herring, Enson Inoue (ancien vainqueur de Couture qu'on pourrait qualifier de "vrai champion par interim"), Sanae Kikuta, Bob Sapp (un colosse de 160 ou 170 kg), Semmy Schilt (un géant de 2m12, "king of pancrase", la fameuse ligue d'où sont issus K.Shamrock, Suzuki et Rutten) et enfin Dan Henderson (le seul qui avait battu Nogueira auparavant, lors du premier King of Kings organisé par la Rings).
Mais lors de sa 9ème défense depuis la victoire contre Valentijn Overeem, Nogueira s'incline sur décision des juges contre Fedor Emelianenko, le 16 mars 2003.

Fedor Emelianenko, 1m83, 106 kg, triple champion du monde de sambo (également vainqueur de la Coupe d'Europe de Judo avec la Russie) et redoutable frappeur des deux poings, défendra quatre fois son titre (obtenu le 16 mars) en 2003; contre : Egidijus Valavicius, Kazuyuki Fujita (tombeur du redoutable Mark Kerr lors du Pride Grand Prix 2000), Gary Goodridge (qui se retrouve encore face au vrai champion) et Yuji Nagata.
Pendant l'année 2004, Fedor Emelianenko participe au Pride Grand Prix 2004, qu'il remporte, battant successivement : Mark Coleman, Kevin Randleman, Naoya Ogawa puis Antonio Rodrigo Nogueira (en deux temps : 1er combat conclu sur un "no contest" à cause d'un choc de tête, puis victoire sur décision des juges le 31/12/2004). Il confirme ainsi son titre de champion du Pride FC catégorie poids lourds et remporte en plus la ceinture de vainqueur du Grand Prix 2004.
En 2005, Fedor combat trois fois : victoire par TKO (arrêt du docteur) contre le seul qui l'avait battu (sur coupure) Tsuyoshi Kohsaka; puis victoire aux points contre son plus dangereux challenger des deux dernières années Mirko "Cro-Cop" Filipovic et enfin victoire par soumission (sur des frappes) contre le massif Wagner da Conceicao Martins dit "Zuluzinho". En 2006, Fedor signe une nouvelle défense victorieuse de sa couronne contre Mark Coleman, aux Etats-Unis, et le 31 décembre, bat par soumission l’ancien vainqueur du K1 Grand Prix 2001 : Mark Hunt.
L’année 2007 commence par une nouvelle victoire (clé de bras) sur Matt Lindland, un ancien médaillé olympique de lutte gréco-romaine, et se conclut par un succès face au géant Hong-Man Choi (2m18, 160kg) issu de la lutte traditionnelle coréenne (ssireum) et l'un des meilleurs kick-boxeur du circuit K1.

Tableau récapitulatif de la lignée « Royce-Shamrock-Suzuki-Rutten … Royce-Sakuraba-Vovchanchyn-Coleman-Nogueira-Fedor » :

Classement - Athlètes - Titres de référence - durée du règne

1- Fedor Emalianenko - champion du Pride FC de 2003 à 2008 - 5 ans environ
2 ex aequo - Antonio Rodrigo « Minotauro » Nogueira - champion du Pride FC de 2001 à 2003 - 2 ans environ
2 ex aequo - Bas Rutten - « king of pancrase » puis champion de l’UFC - 2 ans environ (+ 2 sans couronne)
2 ex aequo - Mark Coleman - vainqueur du Pride Grand Prix 2000 et 2 fois vainqueur de l’UFC - 2 ans environ
2 ex aequo - Royce Gracie - 3 fois vainqueur de l’UFC entre 1993 et 1995 - 2 ans environ
6 ex aequo - Ken Shamrock - « king of pancrase » et match nul contre Royce Gracie - moins d’1 an
6 ex aequo - Minoru Suzuki - “king of pancrase” - moins d’1 an
8 ex aequo - Igor Vovchachyn - vainqueur de Kazushi Sakuraba lors du Pride Grand Prix 2000 - quelques heures
8 ex aequo - Kazushi Sakuraba - vainqueur de Royce Gracie lors du Pride Grand Prix 2000 - quelques heures

Jusque là, même le meilleur « free fighter » moderne n’a pu asseoir sa domination que sur une olympiade (environ 4 années). On est loin des références antiques.

mercredi 16 mai 2007

CLASSEMENTS DES PLUS GRANDS CHAMPIONS DE L’HISTOIRE - Par disciplines (toutes périodes confondues)

Les champions du passé et du présent seront classés ci-dessous en quatre grandes familles :

1 – Luttes : «Orthopale», «Bokh», «Yagli Gures», «Sumo», «Gréco-Romaine», «Libre», «Judo»
2 - Boxe : «Pygmachia» (Pugilat), «Barenuckle» (Boxe à poing nus), «Boxe anglaise professionnelle», «Boxe anglaise amateur».
3 – Pankration / Pancrace / «Arts Martiaux Mixtes»
4 – Combattants polyvalents

On trouvera dans les chapitres suivants des commentaires et l'estimation des gabarits pour les meilleurs d'entre les meilleurs.

1 – Luttes : «Orthopale», «Bokh», «Yagli Gures», «Sumo», «Gréco-Romaine», «Libre», «Judo»

En ne conservant que ceux ayant un minimum de dix années de règne (pour ne pas alourdir la présentation), il ne reste plus que douze champions, antiques ou modernes, parmi les meilleurs lutteurs de tous les temps.

Classement - Athlètes - Titres de référence - durée du règne

1 ex aequo -
Milon de Crotone - 6 fois olympionique et 7 fois pythionique - 26 ans environ
1 ex æquo - Gaddar Kel Aliço - vainqueur de tous les Kirkpinar de 1861 à 1886 - 26 ans
3 - Hipposthenes de Sparte - 6 fois olympionique - 24 ans environ
4 - Hetoimokles de Sparte - 5 fois olympionique - 20 ans environ
5 - Adali Halil - 18 fois vainqueur du Kirpinar entre 1888 et sa défaite de 1914 - 18 ans
6 - Chairon de Pellene - 4 fois olympionique - 16 ans environ
7 - Alexander Karelin d’URSS puis de la CEI et de Russie - 3 fois champion olympique, 2 fois champion du monde « espoirs », 9 fois champion du monde et 1 fois vainqueur de la coupe du monde - 15 ans environ
8 - (Torokishi) Raiden du Japon - 28 fois yusho (vainqueur) des basho (tournois de l'Empereur) de Sumo entre 1790 et 1810, ozeki de 1795 à 1811 - 14 ans environ
9 - Masahiko Kimura du Japon - vainqueur des championnats de Judo du Japon (1937-1949) - 12 ans
10 ex aequo - Tiberius Claudius Patrobius d’Antiocheia de Syrie - 3 fois olympionique et 2 ou 3 fois pythionique - 10 à 12 ans environ
10 ex æquo - Tanikaze du Japon - 21 fois yusho (« vainqueur ») entre 1772 et 1793, yokozuna de 1789 à 1794 - 11 ans environ
12 - Alexander Medved d’URSS - 3 fois champion olympique et 7 fois champion du monde - 10 ans

* Milon de Crotone, le Grec du sud de l’Italie, et « Gaddar Kel » Aliço, le Turc Ottoman, rivalisent en tête du classement des meilleurs lutteurs de tous les temps. Leur domination sur la ou les compétitions de référence de leur temps atteint la durée incroyable de 26 années. A ce stade de l’étude, c’est le nombre de titres qui peut permettre de départager ces deux hommes : un total de 32 victoires panhelléniques (Olympiques, Pythiques, Isthmiques ou Néméennes) permet à Milon de devancer Aliço (26 succès consécutifs au Kirkpinar).

* Le meilleur contemporain (lutteur du XXème siècle) pointe à la 7ème place : Alexander Karelin, dit « l’Ours de Sibérie », natif de Novossibrisk en Russie.

2 - Boxe : «Pygmachia» (Pugilat), «Barenuckle» (Boxe à poing nus), «Boxe anglaise professionnelle», «Boxe anglaise amateur».

En ne conservant que ceux ayant un minimum de dix années de règne (pour ne pas alourdir la présentation), il ne reste plus que treize champions, antiques ou modernes, parmi les meilleurs boxeurs de tous les temps.

Classement - Athlètes - Titres de référence - durée du règne
1 - Tisandros de Naxos en Sicile - 4 fois olympionique et 4 fois pythionique - 16 ans environ
2 - Felix Savon-Fabre de Cuba - 3 fois champion olympique, 1 fois champion du monde «juniors» amateur, 6 fois champion du monde amateur et 4 fois vainqueur de la coupe du monde - 14 ans

3 ex aequo - Glaukos de Karystos - 1 fois olympionique et 2 ou plutôt 3 fois pythionique
mais un cumul de 16 à 18 titres isthmiques et néméens - 13 ans environ
3 ex aequo - Tom Cribb d’Angleterre - « champion du monde » 1809-1822 - 13 années
5 ex aequo - Cassius Clay alias Mohamed Ali des Etats-Unis - 1 fois champion olympique et 3 fois champion du monde «poids lourds» 1964-67 ; 1974-78 et 1978-79 - 12 ans environ
5 ex aequo - Teofilo Stevenson de Cuba - 3 fois champion olympique et 3 fois champion du monde amateur - 12 ans environ
5 ex aequo - Euthymos de Locres Epyzéphyriennes - 3 fois olympionique - 12 ans environ
5 ex aequo - Joe Louis des Etats-Unis - champion du monde «poids lourds» 1937-1949 - 12 ans
5 ex aequo - Jack Broughton d’Angleterre - «champion du monde» 1738-1750 - 12 années
10 ex æquo - Lennox Lewis du Canada puis d’Angleterre - 1 fois champion du monde «juniors» chez les amateurs et 1 fois champion olympique ; 3 fois champion du monde «poids lourds» chez les professionnels 1992-94 ; 1997-2001 et 2001-04 - 11 ans environ
10 ex æquo - James Figg d’Angleterre - «champion du monde» 1719-1730 - 11 années
12 ex æquo - John L. Sullivan des Etats-Unis d’Amérique - «champion du monde» 1882-1892 - 10 années
12 ex æquo - Jack Slack d’Irlande - « champion du monde » 1750-1760 - 10 années

Felix Savon-Fabre aurait pu régner 16 années sur la Boxe amateur « si » Cuba n’avait pas boycotté les Jeux Olympiques de 1988 et les finales des championnats du monde 1999.
Mohamed Ali aurait pu règner 16 années sur la Boxe amateur puis professionnelle « si » la justice de son pays ne l’avait pas destitué de son titre entre 1968 et 1971.
Avec des « si » …
Ce qui est sûr, c’est que Tisandros de Naxos, lui, l’a fait. Il a régné 16 années, comme l’attestent ses 4 titres olympiques et ses 4 titres pythiques.

Pour mieux se réprésenter physiquement ce champion antique, on peut estimer sa taille et son poids en effectuant la moyenne des gabarits connus des autres champions présents dans ce classement :

- Felix Savon-Fabre 1m94 ou 1m98 pour 91 kg
- Cassius Clay alias Mohamed Ali 1m91 pour 81 à 100 kg
- Glaukos de Karystos 2m15 ???
- Tom Cribb 1m77 pour 90 kg
- Teofilo Stevenson 1m92 pour 93 kg
- Joe Louis 1m86 pour 90 kg
- Jack Broughton 1m80 pour 89 kg
- Lennox Lewis 1m96 pour 106 à 114 kg
- James Figg 1m83 pour 84 kg
- John L. Sullivan 1m78 pour 86 kg
- Jack Slack 1m75 pour 92 kg

On obtient ainsi 1m88 pour 92 kg environ.

Sur sa morphologie, il est également écrit que Tisandros se fortifiait les bras en nageant autour des rivages de son île (la Sicile). On peut donc chercher parmi les nageurs contemporains ou les kick-boxeurs d’un gabarit avoisinnant pour imaginer la silhouette du meilleur pugiliste de tous les temps.


Tisandros de Naxos en Sicile devait ressembler à : Geoff Huegill (Australie) ; 1m88, 92 kg
3 fois champion du monde ; spécialiste du 50m et 100m papillon


Et pour se faire une meilleure idée encore de Tisandros de Naxos, voici le meilleur combattant actuel (spécialiste des percussions) au physique similaire :


Chuck Liddell (Etats-Unis) : 1m88, 93 kg - champion de l’UFC des « moins de 93 kg » depuis 2005 - à l’origine spécialiste de Kempo Karaté et Kick-Boxing, désormais champion des « arts martiaux mixtes » (bien que les frappes restent sa spécialité)

3 – Pankration / Pancrace / «Arts Martiaux Mixtes»

En ne conservant que ceux ayant un minimum de dix années de règne (pour ne pas alourdir la présentation), il ne reste plus que six champions, tous antiques, parmi les meilleurs pancratiastes de tous les temps.

Classement - Athlètes - Titres de référence - [conversion en années] - durée du règne
1 -
Dorieus de Rhodes - 3 fois olympionique et 4 fois pythionique mais aussi un cumul de 15 titres isthmiques ou néméens - conversion : moyenne de [(3+4) x 2 = 14] et de [8 + 7 = 15] - durée : 15 ans environ
2 - Astyanax de Milet - 3 fois olympionique et 3 fois pythionique - [(3+3) x 2] - 12 ans environ
3 - Sostratos de Sikyon - 3 fois olympionique et 2 fois pythionique mais aussi un cumul de 12 titres isthmiques ou néméens - conversion : moyenne de [(3+2) x 2 = 10] et de [6 + 6 = 12] - 11 ans environ
4 ex æquo - Arrhichion de Phigaleia - 3 fois olympionique - [(3 x 4) -2] - 10 ans environ
4 ex æquo - Marcus Aurelius Demostratus Damas de Sardis - 2 fois olympionique, 3 fois pythionique et 2 fois vainqueur de l’Agon Capitolin - [(2+3+2) x 4/3] - 10 années environ
4 ex æquo - Timasitheos de Delphes - 2 fois olympionique et 3 fois pythionique - [(2+3) x 2] - 10 ans environ

L’auteur Pausanias décrit dans son Elide tout un groupe de statues iconiques (littéralement «à l’image de leurs modèles»), aperçues à Olympie, qu’il désigne sous le nom de Diagorides. Il s’agit de la célèbre famille de Diagoras de Rhodes : des vainqueurs olympiques («olympioniques») en Pugilat ou en Pancrace sur trois générations. Diagoras, avec ses quatre coudées et cinq dactyles (doigts) est le plus grand de tous : 1m95. Ses fils, dont Dorieus, mesurent environ quatre coudées soit 1m80.

On connaît donc la taille de Dorieus de Rhodes. Pour estimer son poids, il faut savoir que les pancratiastes étaient jadis désignés comme « les meilleurs lutteurs parmi les boxeurs et les meilleurs boxeurs parmi les lutteurs ». En clair, leur physique était intermédiaire aux deux morphotypes antiques.

Pour s’en faire une idée, on peut utiliser les statistiques concernant :
- les boxeurs à mains nues des XVIIIèmes et XIXèmes siècles
- et les lutteurs de la même période (plus particulièrement les sumotoris de ces mêmes siècles).
Les gabarits moyens sont respectivement :
- 1m80 pour 83 kg
- 1m77 pour 135 kg
La moyenne obtenue est : 1m79 (qu’on peut assimiler au « 1m80 » de Dorieus) pour 109 kg.

Le « pancratiaste » moderne qui correspond le mieux à ce physique n’est autre que Fedor Emelianenko (Russie) : 1m83, 106 kg


Dorieus de Rhodes aurait été à l’image de Fedor Emelianenko (Russie), champion du Pride FC depuis 2003, et triple champion du monde de Sambo Combat

4 – Combattants polyvalents

En ne conservant que ceux ayant un minimum de dix années de règne (pour ne pas alourdir la présentation), il ne reste plus que quatre champions, tous antiques, parmi les meilleurs combattants polyvalents de tous les temps.

Classement - Athlètes - Titres de référence - [conversion en années] - durée du règne
1 - Theogenes de Thasos - 2 fois olympionique et 3 fois pythionique mais aussi un cumul de 19 titres isthmiques ou néméens - conversion en années : moyenne de : [(2+3) x 2 = 10] et de [10 + 9 = 19] - durée : 15 ans environ
2 - Titus Flavius Archibius d’Alexandrie - 2 fois olympionique, 4 fois pythionique et 4 fois vainqueur de l’Agon Capitolin - [(2+4+4) x 4/3] - durée : 14 années environ
3 ex aequo - Straton d’Alexandrie - 3 fois olympionique et 2 à 4 fois pythionique - [3 x 4] - durée : 12 années environ
3 ex aequo - Kleitomachos de Thèbes - 2 fois olympionique et 3 fois pythionique - [pancrace = (1+3) x 2; pugilat = (1x2) + 1; lutte = 1] - durée : 12 ans environ

L’homme le plus grand « de tous les temps » (depuis que les données sont vérifiables scientifiquement) ne fut pas un sportif. Né en 1918 et mort en 1940, Robert Pershing Wadlow atteignit 2m72 et avait pesé jusqu’à 223 kg (199 kg le jour de sa mort). A l’âge de 9 ans, il était capable de porter son père (qui mesurait 1m82 et pesait 72 kg) jusqu’en haut des escaliers de la maison familiale. A cet âge-là, Robert Wadlow mesurait 1m89 pour 82 kg !

Cet exploit n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de Théogènes de Thasos (champion de Pugilat et de Pancrace entre 490 et 473 av. JC) qui s’était rendu célèbre, lui aussi, à l’âge de 9 ans, pour avoir porté une statue de bronze que peu d’hommes adultes de son époque auraient pu déplacer.

On dit aussi de Théogènes de Thasos qu’il remporta entre 1200 et 1400 couronnes (victoires) lors de sa glorieuse carrière (Il était considéré comme le 2ème plus grand champion des sports de combat de l’Antiquité derrière Milon de Crotone). Ce nombre n’est pas si impossible qu’il y paraît puisque le Livre Guiness des Records cite deux boxeurs (de l’époque contemporaine) ayant livré plus de 1000 combats :
- Bobby Dobbs : 1024 combats au cours de sa carrière ;
- et Abraham Hollandersky alias Abe « Le crieur de journaux » avec quelques 1309 combats de 1905 à 1918 (un bon nombre d’entre eux étant tout de même des exhibitions).

La polyvalence de Théogènes lui permit même de remporter une course de fond (le dolique, proche du 5000m moderne) lors d’une compétition à Phthia, patrie du célèbre Achille « aux pieds agiles ».

Ce Théogènes/Théagènes tenait donc du pugiliste (essentiellement), du pancratiaste (au moins pour 2 de ses 24 titres majeurs) mais aussi un peu du coureur de fond (ce qui semble complètement contradictoire avec ses prédispositions pour les épreuves lourdes), et, pour couronner le tout, il fut extrêmement précoce dans son développement, capable de prouesses musculaires bien supérieures aux adultes moyens de son époque.


Pugilistes antiques et Théagènes dans un combat de pugilat

Pour se représenter ce champion qui fut coureur, pugiliste puis pancratiaste, on pourrait imaginer un adolescent/jeune homme au physique de Carl Lewis (1m88, 80kg) qui aurait conquis toutes les couronnes aux Jeux Isthmiques et Néméens entre 490 et 483 av. JC mais sans remporter les plus importantes : celles des Jeux Pythiques et Olympiques (y subissant notamment une cuisante défaite face à Euthymos de Locres Epizéphyriennes à son entrée dans la catégorie « andres » -21 ans et plus- en 484 av. JC). Mais à partir des Jeux Pythiques de 482 av. JC, il remportera absolument tous les titres. Il sera notamment périodonique en pugilat (six titres dont les JO de 480 et les JP de 478) puis périodonique en combinant pugilat et pancrace (six titres dont les JO de 476 et les JP de 474 av. JC). Son physique aurait alors été comparable à celui du kick-boxeur (à mi-chemin entre pugilat et pancrace) Ernesto Hoost : 1m89, de 88 à 107 kg (lors de ses victoires en K2 et K1) … soit +1 ou 2 kg par an.

dimanche 13 mai 2007

CLASSEMENT DES PLUS GRANDS CHAMPIONS DE L’HISTOIRE - Toutes disciplines et toutes périodes confondues

Pour cette ultime comparaison, on ne retiendra plus que les champions ayant pleinement dominé leur sport de combat pendant au moins 12 années (trois olympiades).
On constatera que pour figurer parmi les dix meilleurs de tous les temps, il aura fallu établir un règne de 15 années ou plus.
Pour départager les champions, on pourra utiliser ici le nombre de sacres olympiques, la plus grande compétition de référence de l’Histoire de l’humanité.
Dernière remarque : 7 des 10 meilleurs combattants de tous les temps sont des lutteurs (tous styles de lutte confondus : « orthopale », « yagli gures » ou « gréco-romaine »).

Classement

Rang - Athlètes - Art martial ou sport de combat - durée du règne - Nombre de titres olympiques
1 - Milon de Crotone - Lutte «Orthopale» - 26 ans - 6 titres olympiques
2 - “Gaddar Kel” Aliço - Lutte «Yagli Gures» - 26 ans - 0
3 - Hipposthenes de Sparte - Lutte «Orthopale» - 24 ans - 6 titres olympiques
4 - Hetoimokles de Sparte - Lutte «Orthopale» - 20 ans - 5 titres olympiques
5 - Adali Halil - Lutte «Yagli Gures» - 18 ans - 0
6 ex æquo - Tisandros de Naxos en Sicile - Pugilat - 16 ans - 4 titres olympiques
6 ex æquo - Chairon de Pellene - Lutte «Orthopale» - 16 ans - 4 titres olympiques
8 ex aequo - Dorieus de Rhodes - Pancrace - 15 ans - 3 titres olympiques
8 ex æquo - Alexander Karelin d’URSS puis de la CEI et de Russie - Lutte «Gréco-Romaine» - 15 ans - 3 titres olympiques
10 - Theogenes/Theagenes de Thasos - Pugilat et Pancrace - 15 ans - 2 titres olympiques
11 - Felix Savon-Fabre de Cuba - Boxe Anglaise Amateur - 14 ans - 3 titres olympiques
12 - Titus Flavius Archibius d’Alexandrie - Pancrace et Lutte "Orthopale" - 14 ans - 2 titres olympiques
13- (Torikishi) Raiden du Japon - Sumo - 14 ans - 0
14 ex aequo - Cassius Clay alias Mohamed Ali des Etats-Unis - Boxes Anglaises Amateur et Professionnelle - 13 ans - 1 titre olympique
14 ex aequo - Glaukos de Karystos - Pugilat - 13 ans - 1 titre olympique
16 - Tom Cribb d’Angleterre - Boxe à mains nues - 13 ans - 0
17 ex aequo - Teofilo Stevenson de Cuba - Boxe Anglaise Amateur - 12 ans - 3 titres olympiques
17 ex aequo - Astyanax de Milet - Pancrace - 12 ans - 3 titres olympiques
17 ex aequo - Straton d’Alexandrie - Lutte «Orthopale» et Pancrace - 12 ans - 3 titres olympiques
20 - Kleitomachos de Thèbes - Pancrace, Pugilat et Lutte - 12 ans - 2 titres olympiques
21 ex aequo - Joe Louis des Etats-Unis - Boxe Anglaise Professionnelle - 12 ans - 0
21 ex aequo - Masahiko Kimura du Japon - Judo - 12 ans - 0
21 ex aequo - Jack Broughton d’Angleterre - Boxe à mains nues - 12 ans - 0

Milon de Crotone

Sa fin tragique a davantage inspiré les artistes de la Renaissance que tous les succès qu’il a accumulés.
Pourtant, avec un règne estimé à 26 années et un total record de 32 titres panhelléniques, il est le meilleur combattant (tous sports confondus) de tous les temps.




«Gaddar Kel» Aliço et Adali Halil

A l’image leurs homologues grecs Hipposthenes (24 ans de règne) et Hetoimokles (20 ans), « le maître et l’élève » : Gaddar Kel Aliço (26 ans de règne) et Adali Halil (18 ans).
« Gaddar Kel » Aliço
Adali Halil

Alexander Karelin

Le meilleur contemporain et le seul à entrer dans les dix meilleurs combattants de l’Histoire.
La technique favorite de Karelin : la ceinture à rebours

Un visage impressionnant.


Lors de son troisième sacre olympique en 1996, à Atlanta (contre le local Matt Gaffhari).

Karelin, digne des héros grecs.

CARRIERE DU MEILLEUR DE TOUS LES TEMPS - Les grands Jeux sacrés de la Grèce Antique

Les Jeux Olympiques Antiques furent instaurés en 776 avant JC, avec une seule épreuve : la course du stade (un peu plus de 192m en ligne droite). La lutte fut ajoutée au programme en 708 avant JC.

Puis d’autres Jeux sacrés vinrent compléter la Période :
- les Pythiques, en 586 ou 582 avant JC ; célébrés la troisième année de la Période
- les Isthmiques, entre 594 et 580 avant JC, selon les sources (en 581 av. JC selon W.Decker et J-P. Thuillier dans Le sport dans l'Antiquité, paru aux éditions Picard, 2004); célébrés tous les deux ans en mai ;
- et les Néméens, en 573 avant JC ; célébrés tous les deux ans en juillet.

Le palmarès de Théagènes de Thasos, cité dans les commentaires de l’Elide (II) de Pausanias, aux éditions Les Belles Lettres, indique que les Jeux Néméens avaient lieu les années impaires (Théagènes vainqueur en 489, 487, 485, 483, 481, 479, 477, 475 et 473 av. JC) tandis que les Isthmiques avaient lieu les années paires (Théagènes vainqueur en 490, 488, 486, 484, 482, 480, 478, 476 et 474). « Paires » ou « impaires » en fonction de notre calendrier chrétien, bien sûr.

Mais une autre version (celle correspondant à la Période classique, entre la Grèce archaïque avant les guerres médiques, et la Grèce hellénistique après Alexandre le Grand) considère que les Jeux Néméens et les Jeux Isthmiques avaient lieu la même année.

La période (en grec ancien περίοδος / períodos) désigne, dans la Grèce antique, littéralement le « tour complet » des quatre plus grands sanctuaires, c'est-à-dire le calendrier sacré créé par la succession des quatre fêtes panhelléniques qui s'y tiennent sur un cycle de quatre ans qu'on appelle communément olympiade. Il s'agit, à l'époque classique des :

- Olympia, en l'honneur de Zeus à Olympie, fête pentétérique (qui a lieu tous les quatre ans révolus ; littéralement : « la cinquième année ») qui marque la première année de la période ;
- Isthmia, tenues en l'honneur de Poséidon à l'Isthme de Corinthe, fête triétérique (qui a lieu tous les deux ans révolus ; littéralement : « la cinquième année ») célébrée la seconde et la quatrième année de la période ;
- Nemea, fête également triétérique en l'honneur de Zeus, célébrée la même année que les Isthmia à Némée ;
- Pythia, qui prennent place à Delphes en l'honneur d'Apollon, selon un cycle pentétérique, la troisième année de la période.

Les concours qui accompagnent ces fêtes sont les plus prestigieux du monde grec, et le plus grand honneur est d'être vainqueur aux quatre concours d'une même olympiade : à partir du VIe siècle, le titre de périodonique vient saluer cet exploit et renforcer le lien entre ces différents concours.À l'époque hellénistique, de nombreuses cités créent leur propre concours et s'efforcent de rivaliser avec ceux de la période qu'elles copient : elles tentent de faire reconnaître leur fête comme panhellénique et isolympique (égale en prestige aux Olympia) ou isopythique (égale aux Pythia), mais bien peu y parviennent. Ce phénomène est accéléré par les rois hellénistiques.

Carte des sanctuaires grecs : http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Map_greek_sanctuaries-fr.svg

Palmarès de Milon de Crotone

De Milon de Crotone, on sait qu’il remporta :
- un titre olympique dans la catégorie « paides » (15, 16 ou 17 ans) en 540 avant JC,
- puis 5 titres olympiques dans la catégorie « andres » (21 ans ou plus) en 532, 528, 524, 520 et 516 av. JC (échouant pour la première fois en 512 alors qu’il avait dépassé la quarantaine),
- ainsi que 7 titres pythiques, 10 isthmiques et 9 néméens.

On sait aussi qu’il fut six fois « périodonique », c’est-à-dire vainqueur d’au moins une fois chaque Jeux sacré au cours de la même Période.

On peut imaginer que les grands compétiteurs recherchaient, en plus du titre olympique, le statut prestigieux de « périodonique ». Certains ont réussi à l’être en remportant six couronnes sur la Période mais la plupart concédèrent sûrement des « impasses » ; c’est-à-dire se contentèrent d’un titre par année.

Par exemple, la carrière de Milon s’étalant sur 7 Périodes, en se contenant du minimum (un titre de chaque Jeux sacré par Période), il aurait dû remporter :
- 6 titres olympiques (un lui échappant à cause des catégories d’âge)
- 7 pythiques
- 7 néméens
- et 7 isthmiques.

En réalité, il obtint cinq titres supplémentaires : 2 néméens et 3 isthmiques. Cela signifie que, durant 5 des 7 olympiades que compte sa carrière, il doubla sa participation soit Jeux Néméens soit aux Jeux Isthmiques (en alternance, et en commençant par les Jeux Isthmiques). On peut supposer que les olympiades durant lesquelles ils se contenta « du minimum » pour être périodonique furent la première Période de sa carrière (trop jeune pour tenter plus) et la septième (trop vieux pour supporter une telle intensité).

Âge du champion (début de règne chez les « paides » en 540 av. JC : à 15, 16 ou 17 ans ?)

Milon de Crotone domina ses contemporains durant 7 olympiades (28 années) à partir de l’âge de 15 ou 16 ans (c’est-à-dire de 15 à 43 ans ou de 16 à 44 ans) entre 540 et 512 av. JC ; mais pas à partir de l’âge de 17 ans : sinon, il aurait pu concourir chez les « andres » en 536 av. JC (puisqu’âgé de 21 ans) et y aurait donc été battu. Or, il est dit qu’ « il ne posa jamais un genou à terre » ; ce qui signifie que même lors de son ultime combat (à l’âge avancé de 43 ou 44 ans), il ne fut pas mis à terre par son jeune adversaire.

S’il commença son règne à Olympie à l’âge de 15 ans (en 540 av. JC), son 1er titre pythique fut obtenu à l’âge de 17 ans (en 538) dans la catégorie « paides » et son deuxième (en 534) dans la catégorie « andres » puisqu’âgé de 21 ans.
S’il commença son règne à l’âge de 16 ans, son premier titre pythique fut obtenu chez les « imberbes » à l’âge de 18 ans (cette catégorie couvrant la tranche 18-20 ans).

Pausanias nous donne la réponse dans l’Elide 14,5 :
« […] à Pythô six victoires chez les adultes une chez les enfants là aussi […] ».
C’est logique puisque Milon de Crotone fut périodonique dans la catégorie d’âge « paides » comme personne d’autre ne le sera à l’exception de Moschon de Colophon en pugilat, vers 200 avant JC.

Milon de Crotone demeura ainsi invaincu de l’âge de 15 à 43 ans (entre 540 et 512 av. JC), plus que les 26 années de règne de « Gaddar Kel » Aliço sur le Kirkpinar : de 1861 à 1887 (battu en 1887 par « Koca » Youssouf Ismaelo).

Carrière sur sept olympiades

Pour établir la carrière, probable, de Milon de Crotone, c’est la version suivante qui sera retenue : les Jeux Isthmiques et Néméens avaient lieu, à deux ou trois mois d’intervalle (en mai et juillet), les deuxièmes et quatrièmes années de la Période.

60ème Olympiade : « Périodonique » (pour la 1ère fois)

Jeux Olympiques de 540 av. JC : « Olympionique » chez les « paides » (15 ans) (1er titre)
Jeux Isthmiques de 539 av. JC : « Isthmionique » (1er titre)
Jeux Pythiques de 538 av. JC : « Pythionique » (1er titre)
Jeux Néméens de 537 av . JC : « Néméenique » (1er titre)

61ème Olympiade : ne fut pas périodonique

Jeux Olympiques de 536 av . JC : Absent d’Olympie probablement parce qu’il appartenait cette année-là à la catégorie des « imberbes » (19 ans) non représentée aux Jeux.
Jeux Isthmiques de 535 av. JC : « Isthmionique » (2ème titre)
Jeux Pythiques de 534 av. JC : « Pythionique » (2ème titre)
Jeux Isthmiques et Néméens de 533 av. JC : « Isthmionique » (3ème titre) + « Néméenique » (2ème titre)

62ème Olympiade : « Périodonique » (2ème fois)

Jeux Olympiques de 532 av. JC : « Olympionique » chez les « andres » (21 ans ou plus) (2ème titre)
Jeux Néméens de 531 av. JC : « Néméenique » (3ème titre)
Jeux Pythiques de 530 av. JC : « Pythionique » (3ème titre)
Jeux Isthmiques et Néméens de 529 av. JC : « Isthmionique » (4ème titre) + « Néméenique » (4ème titre)

63ème Olympiade : Périodonique (3ème fois)

Jeux Olympiques de 528 av. JC : « Olympionique » chez les « andres » (3ème titre)
Jeux Isthmiques de 527 av. JC : « Isthmionique » (5ème titre)
Jeux Pythiques de 526 av. JC : « Pythionique » (4ème titre)
Jeux Isthmiques et Néméens de 525 av. JC : « Isthmionique » (6ème titre) + « Néméenique » (5ème titre)

64ème Olympiade : Périodonique (4ème fois)


Jeux Olympiques de 524 av. JC : « Olympionique » chez les « andres » (4ème titre)
Jeux Néméens de 523 av. JC : « Néméenique » (6ème titre)
Jeux Pythiques de 522 av. JC : « Pythionique » (5ème titre)
Jeux Isthmiques et Néméens de 521 av. JC : « Isthmionique » (7ème titre) + « Néméenique » (7ème titre)

65ème Olympiade : Périodonique (5ème fois)

Jeux Olympiques de 520 av. JC : « Olympionique » chez les « andres » (5ème titre)
Jeux Isthmiques de 519 av. JC : « Isthmionique » (8ème titre)
Jeux Pythiques de 518 av. JC : « Pythionique » (6ème titre)
Jeux Isthmiques et Néméens de 517 av. JC : « Isthmionique » (9ème titre) + « Néméenique » (8ème titre)

66ème Olympiade : Périodonique (6ème fois)

Jeux Olympiques de 516 av. JC : « Olympionique » chez les « andres » (6ème titre)
Jeux Néméens de 515 av. JC : « Néméenique » (9ème titre)
Jeux Pythiques de 514 av. JC : « Pythionique » (7ème titre)
Jeux Isthmiques 513 av. JC : « Isthmionique » (10ème titre)

67ème Olympiade : ne fut pas périodonique

Jeux Olympiques de 512 av. JC : Vaincu par Timasithéos de Crotone, un jeune compatriote qui obtiendra l’abandon de Milon par épuisement.

Avec cette description de la carrière probable de Milon de Crotone, l’estimation de la durée de son règne (« environ 26 années ») s’en trouve affinée : il serait bien resté invaincu 28 années et aurait régné exactement 27 années avec un seul « trou » dans sa carrière : la non-participation aux Jeux Olympiques de 536 avant JC. Puis, lors de la 29ème année de sa carrière, il aurait connu sa première défaite, par abandon, victime d’épuisement.

mardi 1 mai 2007

Gabarit du champion

Milon de Crotone était un symbole de force à une époque où la notion de « catégorie de poids » n’existait pas. Plus on était grand et surtout lourd, meilleur on devait être en lutte. D’ailleurs, Milon de Crotone était aussi célèbre pour son appétit et ses exploits de force pure que pour ses succès en lutte olympique.
Cet aspect de sa biographie permet de mieux appréhender son apparence physique. Il devait être :
- largement plus grand que ses contemporains (sans pour autant être un « géant » dépassant la barre des 2m puisque d’autres athlètes tels que Poulydamas et Glaukos étaient cités comme dépassant Milon)
- mais surtout, beaucoup plus lourd, tel les sumotoris suralimentés, puisque Milon lui-même recommandait un régime à base de viande qu’on appellerait aujourd’hui hyper-protéiné.

On peut le comparer aux meilleurs lutteurs, sumotoris, haltérophiles ou compétiteurs des concours intitulés « L’homme le plus fort du monde » tels qu’ils existent aujourd’hui.

Le meilleur lutteur du XXème siècle fut Aleksander Karelin. Un colosse dès sa naissance puisqu’il approchait les 7 kg. Adulte, haut de 1m91, il pesait 130 kg « sec », c’est-à-dire en ayant perdu presque toute graisse superflue, car la lutte olympique moderne a voulu privilégier le dynamisme en interdisant les gabarits misant trop sur l’inertie.

A l’image de ce lutteur, on retrouve les meilleurs concurrents de « L’homme le plus fort du monde », alliant force pure et dynamisme (selon les épreuves) ; à savoir les triples ou quadruples vainqueurs :
- Bill Kazmaier (3 fois vainqueur, en 1980, 81 et 82, mesurant 1m90 pour 145 à 159 kg ; par ailleurs joueur de football US et catcheur)
- Jon Pall Sigmarsson (4 fois vainqueur, en 1984, 86, 88 et 90, mesurant 1m90 pour 133 kg ; par ailleurs pratiquant de Glima, la lutte traditionnelle islandaise)
- Magnus Ver Magnusson (4 fois vainqueur, en 1991, 94, 95 et 96, mesurant 1m87 pour 130 kg)
- Marius Pudzianowski (3 fois vainqueur, en 2002, 2003, 2005 ; 1m86, 132 kg ; par ailleurs Kyokushin karatéka ceinture noire 4ème dan et boxeur)

Malgré l’excédent de poids que certains déclareraient inesthétique, on peut intégrer à cette liste le meilleur haltérophile du XXème siècle : Vassily Alexeyev (1m86, 160 kg) auteur de plus de 80 records du monde et double champion olympique des super-lourds (1972 et 1976).


Vassily Alexeyev

Enfin, chez les sumotoris, le meilleur fut probablement Torikishi Raiden (1m97, 169 kg), l'élève de Tanikaze, qui remporta 28 bashos (« tournois de l’empereur ») à une époque où il n’en était organisé que deux par an.

Estimation :
en calculant la moyenne de la taille et du poids :
- du meilleur sumotori (Raiden) : 1m97 pour 169 kg
- de la moyenne des meilleurs « hommes forts » : 1m88 pour 137 kg
- du meilleur haltérophile (Alexeev) : 1m86 pour 160 kg
- et du meilleur lutteur (Karelin) : 1m91 pour 130 kg
… on arrive à 1m91 pour 149 kg.

Sachant que le règne de Milon de Crotone s’est étendu sur 28 années, considérant qu’il a dû grossir à la vitesse de 1kg/an (c’est un rythme qu’on retrouve chez nombre de poids lourds, en boxe notamment), il devait peser 130 kg au début de son règne et 160 kg vers la fin.


Bill Kazmaier (à gauche, avec son rival Jon Pall Sigmarsson), «l’homme le plus fort du monde» aux début des années 1980 possède le physique que devait avoir Milon, prêtre d’Hera et se prenant parfois pour Herakles (Hercule) lui-même.


Bill Kazmaier et la statue de l’Hercule Farnese