jeudi 26 juillet 2007

2- K1 Grand Prix : tous les styles de percussion dans une seule et même compétition

On doit le K 1 Grand Prix à un Japonais : le fondateur du style Seidokaïkan (une forme de karaté "au KO", dérivé lui-même du Kyokushinkaï) : senseï Kazuyoshi Ishii. Le concept de ce tournoi est simple : opposer dans un seul et même tournoi, les meilleurs combattants pieds-poings de la planète, quel que soit leur style d'origine : Karaté, Kenpo, Kung-Fu, Kick-Boxing, etc (en fait tous les sports de frappe y compris la Boxe Anglaise longtemps restée inaccessible financièrement). Créée en 1993, cette compétition a jusqu'alors désigné sept champions "poids lourds". Il existe aussi des tournois similaires pour les "moins de 90 kg" et même pour les poids moyens (le K1 Max) : Branco Cikatic, Peter Aerts, Andy Hugh, Ernesto Hoost, Mark Hunt, Remi Bonjasky et Semmy Schilt.

En 1993, un redoutable puncheur, le Croate Branco Cikatic (1m89, 91 kg à l'époque) (champion du monde de Full-Contact en 1981, de Muay Thaï en 1987 et de Kick-Boxing en 1989) met KO1 en finale le Néerlandais Ernesto Hoost (1m89, 88 kg à l'époque) (pourtant à l’époque déjà champion du monde de Boxe Française 1989, de Kick-Boxing 1989 et de Muay Thaï 1990).

Branco Cikatic
En 1994, c'est le camarade d'entraînement de Cikatic au Chakuriki Gym d'Amsterdam, Peter Aerts (surnommé "Le bucheron") (1m92, 104 kg) qui bat aux points en finale le Japonais Masaaki Satake (par ailleurs champion du monde de Karaté Seidokaïkan) (celui-ci ayant sorti Cikatic en demi).

Peter Aerts

En 1995, Peter Aerts réalise le doublé en mettant KO1 le redoutable Jérôme Le Banner. Ces deux hommes, en parallèle du prestigieux tournoi K1 Grand Prix, obtiennent des titres mondiaux en Kick-Boxing et Muay Thaï dans différentes fédérations.

Peter Aerts vainqueur de Jérôme LeBanner

En 1996, Aerts est mis KO dès le premier tour mais son vainqueur, le Sud-Africain Mike Bernardo (1m93, 110 kg) sera battu en finale (KO2) par le Suisse Andy Hug (1m80, 96 kg). Hug est le premier karatéka à s'être imposé dans le K1. Médaillé mondial en Kyokushinkaï, il deviendra ensuite champion du monde de Seidokaïkan puis s'essayera avec succès au Muay Thaï et au Kick-Boxing. Il sera malheureusement emporté par une leucémie foudroyante quelques années plus tard.

Andy Hug

En 1997, Aerts prend sa revanche sur Bernardo mais est battu par Hug en demi-finale. Pourtant, le Suisse ne peut réaliser le doublé. C'est Ernesto Hoost (qui a entre-temps ajouté à son extraordinaire palmarès le titre mondial de Full-Contact 1994, en battant Rick Roufus) qui emporte la décision. Hoost est passé des "moins de 90 kg" à un poids approchant les 100 kg.

Ernesto Hoost

En 1998, Peter Aerts fait un retour fracassant. Tous ses adversaires tombent KO à la 1ère reprise. C'est aussi le cas d'Andy Hug en finale. Quant à Hoost, blessé dès son premier combat, il ne peut défendre sa couronne. Peter Aerts est le triple vainqueur du K1 Grand Prix.
Peter Aerts

En 1999, Aerts est mis KO1 par le Français Jérôme Le Banner (qui accuse désormais près de 120 kg pour 1m90) mais au tour suivant, celui-ci tombe sous les coups précis d'Ernesto Hoost. En finale, Hoost ajoute un deuxième trophée à son palmarès en disposant du Croate Mirko "Cro-Cop" Filipovic (1m88, 98 kg) par KO3.


En 2000, Ernesto Hoost égale le record de son compatriote Peter Aerts avec un troisième succès. Il bat le Néo-Zélandais Ray Sefo en finale sur décision. A noter qu'Aerts connaît cette année là la même mésaventure qu'Hoost en 1998 : blessé au pied.

Ernesto « Mr Perfecto » Hoost

En 2001, le ventripotent mais très puissant Mark Hunt (1m78, 114 kg) déjoue tous les pronostics. Qualifié grâce au forfait de son compatriote Ray Sefo, il bat aux points en finale le Brésilien Francisco Filho (1m86, 106 kg) (par ailleurs premier non-Japonais champion du monde de Karaté Kyokushinkaï). Hoost blessé au premier tour n'aura pas pu défendre son titre.
Mark Hunt

En 2002, la chance tourne pour Ernesto « Mister Perfecto » Hoost (pourtant hors de forme avec 107 kg). Il profite d'abord du forfait de son compatriote Semmy Schilt (2m12, 120 kg) pour se retrouver parmi les huit finalistes du K1 Grand Prix. Puis, battu au premier tour par l'incroyable Bob Sapp (un ancien footballeur US puis catcheur de 2m pour 160 à 170 kg), il est quand même admis à continuer car son adversaire s'est blessé à la main. Enfin, en finale, il bat Jérôme Le Banner, tombeur de Mark Hunt, par KO3.

Ernesto Hoost

En 2003, le Néerlandais Remi Bonjasky (1m94, 102 kg) élimine successivement l’Australien Peter Graham (KO1), le Français Cyril Abidi (KO2) et le Japonais Musashi (sur décision) pour devenir le nouveau champion du K1 Grand Prix.

Remi Bonjasky vainqueur de Musashi

En 2004, Ernesto Hoost fait son retour face au jeune tenant du titre Remi Bonjasky. Il faudra une reprise supplémentaire pour départager les deux hommes et c’est la jeunesse qui est récompensée. En demi-finale, Bonjasky bat un ancien champion du monde de Boxe Anglaise (IBF, 1995) en la personne du Sud-Africain François Botha. Puis en finale, retrouve le Japonais Musashi et signe le même verdict que l’année précédente : victoire sur décision des juges (après deux reprises supplémentaires).

Remi Bonjasky, double vainqueur du K1

En 2005, c’est encore un Néerlandais qui décroche le titre : Semmy Schilt (2m12, 120 kg). Ce gigantesque karatéka (double champion du monde du style Daido-Juku en 1996 et 1997) puis « king of » Pancrase (à partir de 1999) bat successivement Ray Sefo (aux points), Remi Bonjasky (KO1) et le Brésilien Glaube Feitosa, expert de Karaté Kyokushinkaï (KO1) pour ajouter un nouveau titre à sa collection.

Semmy Schilt : karatéka, pancratiaste et vainqueur du K1

L’année 2006 confirme la domination du géant Semmy Schilt (2m12, 128 kg) au sommet du K1 Grand Prix. Pour décrocher ce nouveau succès, il bat lors du traditionnel tournoi de décembre : le Français Jérôme LeBanner, aux points en quart de finale, puis, encore aux points, son compatriote Ernesto Hoost, quadruple vainqueur de l’épreuve (âgé de 41 ans, qui dispute là son dernier tournoi), et enfin, en finale, toujours aux points, une autre référence : le Néerlandais Peter Aerts, qui n’a pas manqué une seule édition du K1 Grand Prix depuis sa création en 1993. La fin d’une génération … et le début d’une autre.
Semmy Schilt (2m12, 133 kg) réédite son exploit en 2007 en battant successivement le finaliste 2005 Glaube Feitosa (aux points), puis Jérôme LeBanner par jet de l’éponge et, en finale, à nouveau le vétéran Peter Aerts (sur blessure). Troisième titre consécutif pour le géant néerlandais !

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