lundi 16 juillet 2007

Le Haut Moyen-Âge

De 393 à 1206 après JC
Période correspondant à :
- en Occident : les Arabes supplantent les Occidentaux ;
- en Orient : la Chine domine le monde.

Le déclin de l’Europe

Théodose interdit la tenue des Jeux Olympiques en 393 car considérés comme païens donc contraires à la religion chrétienne. Il meurt en 395 et l’Empire Romain est alors partagé entre ses deux fils : l’Occident à Honorius, qui s’installe à Rome, et l’Orient à Arcadius, qui s’installe à Byzance.

L’interdiction des Jeux Olympiques élargit le champ des activités des luttes traditionnelles du fait qu’il n’y a plus de styles officiels favorisés : les rencontres de lutte (et des autres sports de combat) sont organisées en dehors des grands centres et bien d’anciens participants des Jeux Olympiques se tournent vers les luttes traditionnelles.

Les peuples les plus corpulents préfèrent les variétés de lutte à la ceinture (les Slaves, les Scandinaves, les Germains, les Géorgiens, les Celtes) tandis que d’autres apprécient en premier lieu la rapidité et les éléments techniques (Indiens, Chinois, Turcs, Japonais, Coréens). Par exemple, la lutte à l’huile, pratiquée par les Turcs, a pour objectif d’éviter l’emploi direct de la force.

Les peuples constituant l’Etat des Francs (divisé en 843 en trois parties : la France, l’Allemagne et l’Italie), Byzance, la Russie, et bien plus tard l’Empire Ottoman et la Grande-Bretagne organisaient des compétitions en pratiquant des dizaines de types de luttes traditionnelles. De nombreuses variantes étaient aussi pratiquées aux Indes, en Chine, en Iran, au Japon, etc.

En Europe, la fin de l’Antiquité et le début du Moyen-Âge se caractérisent par de nombreuses guerres, la création de nouvelles unions ethniques et des changements sociaux radicaux. L’Empire Romain d’Occident ne survivra que quelques dizaines d’années à la dissolution des Jeux Olympiques, jusqu’en 476, date à laquelle Rome sera pillée et le dernier empereur Romulus Augustule exécuté dans sa capitale, Ravenne.

Parallèlement à cet effondrement, Byzance tente d’abord, jusqu’au VIIIème siècle, de reconquérir les territoires perdus (période justinienne, du nom de Justinien Ier 527-565) mais doit finalement renoncer quand Pépin le Bref, père de Charlemagne apporte la protection des Germains aux Etats pontificaux. Ensuite, Byzance doit résister aux envahisseurs Arabes et Slaves tout en rejetant l’autorité papale (grand schisme de 1054) et donc toute aide future.
C’est d’ailleurs des anciens alliés que survient le coup de grâce. En 1204, Constantinople, capitale de l’Empire Romain d’Orient (ou Empire Byzantin), est envahie et pillée par les Latins, ses propres coreligionnaires, lors de la 4ème croisade supposée s’attaquer aux Musulmans. Cette invasion marque le déclin de cet Empire qui sera définitivement effacé de la carte en 1453, lorsque les Turcs Ottomans prendront à leur tour Constantinople pour la renommer Istanbul.

En fait, à partir du VIIème siècle après Jésus-Chirst, c’est la Chine qui devient le pays le plus puissant du monde tandis que la civilisation arabe domine tout le pourtour méditerranéen.

La Chine

En l’année 520 de notre ère parvient au Monastère de la Petite Forêt, Shaolin Shi, un étrange individu à la peau claire, à la barbe hirsute et au regard de braise, habillé comme un barbare du Sud (Nan) et qui demande asile et protection.


Bodhidharma

Il s’agit, selon ses dires, du fils aîné du Roi Sughanda, descendant du Bouddha, ce qui faisait de lui le vingt huitième patriarche indien. (Ce voyage est consigné dans une chronique chinoise datée de 543.) Il se réfugia donc dans le plus fameux monastère de l’époque : Shaolin Shi



Ce monastère de la petite forêt (Shao Lin Shi en Chinois ; Sho Rin Ji en Japonais) situé à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Deng Feng, non loin de Luo Yang, la capitale régionale du He Nan, avait été créé au premier siècle de notre ère par un certain Batuo, nommé le " Premier Ancêtre " et consacré en 496 par l’Empereur Xiaowen (Chao Wen) des Wei du nord qui lui décerna le titre de " Premier Monastère sous le Ciel ". Il s’agissait donc d’un monastère déjà très connu avant l’arrivée de notre Illuminé.
La tradition, toujours elle, affirme que ces bonzes, faméliques parce que mal nourris, ne pouvaient supporter l’immobilité que leur imposait la méditation. Bodhidharma se souvint alors de diverses formes gymniques, plus ou moins guerrières, qu’il avait étudiées pendant son jeune âge sous la direction de son père. Ce dernier était, en effet, en sus de sa fonction de roi, un haut initié de la caste des Ksattriyâs et connaissait donc l’art du combat, proche de ce qui est, actuellement en Inde, le Kalaripayat.Il mit donc au point une méthode connue sous le nom évocateur de " Nettoyage des muscles et des tendons, purification de la moelle et des sinus "... le " Yi Jing King Yi Sui Jing " connue également sous les dénominations de Shi Ba Lo Han She (Shih Pa Lohan Sho), de I Chin Ching et de Ekkinkyo (Ekki Kin Kyo Jya) en Japonais.Cette méthode mi-gymnique, mi-martiale fit couler beaucoup d’encre puisqu’elle fut considérée par certains comme étant à l’origine même des diverses pratiques martiales réputées du Monastère de la Petite Forêt... donc de la plupart des Arts Martiaux Chinois (Wushu ou Kuoshu) et, ce faisant des origines profondes des Arts Martiaux (Bujutsu et Budo) Japonais.
De par ce simple fait il fut donc admis par de nombreux historiens, principalement japonais, que Daruma, donc Bodhidharma, était le créateur, ou du moins l’initiateur, des Arts Martiaux Chinois (dont il existe plus de 400 styles aujourd’hui) et Japonais dont l'ancêtre commun étaient les Arts Martiaux Indiens...

Les Arabes

Au début du VIIème siècle de notre ère, Muhammad (ou Mahomet) commence à prêcher une nouvelle religion désignée sous le nom d’Islam, littéralement « soumission à Dieu ». En 622, du fait des difficultés rencontrées avec les notables mekkois, il s’expatrie avec les « croyants » (appelés musulmans) dans l’oasis de Yathrib qui devient la ville du Prohète ou Médine. Ce fut l’hégire qui marque la début de l’ère musulmane.
Muhammad/Mahomet meurt en 632 mais loin de s’arrêter, l’expansion arabe s’accélère. Entre 635 et 641, la Syrie, la Palestine, la Perse et l'Égypte sont conquises. Pendant la décennie 642-652, les Arabes atteignent les rives de la mer Noire. En 652 et 655, la flotte byzantine est défaite ; Chypre et Rhodes conquises. En 670 commence la conquête du Maghreb (et la fondation de Kairouan) qui s’achèvera en 698. En 711, Tarik débarque en Espagne et conquiert le royaume wisigoth. Cependant, l’expansion à l’ouest connaît son apogée en 732 quand les Francs arrêtent l'avance arabe à Poitiers. Parallèlement, l’expansion se poursuit vers l’est. En effet, entre 730 et 749, les Arabes se rendent maîtres du Baloutchistan, de l'Afghanistan, du Turkestan, de l'Arménie, de la Mésopotamie et du Pendjab, en Inde. Et même si, en 962, les tribus turques conquièrent l'Afghanistan, le nord-ouest de l'Inde, la Mésopotamie et la Syrie, l’influence culturelle (religieuse et linguistique) et politique arabe reste dominante pendant encore plusieurs siècles.
Du fait de l'expansion territoriale au Moyen Âge et par la diffusion du Coran, la langue arabe, devenue langue liturgique, s'est répandue dans toute l'Afrique du Nord et en Asie mineure.



On fait remonter l'origine de la langue arabe au IIe siècle. La tradition orale considère cependant qu'il s'agit d'une langue révélée directement à Ismaël, fils d'Abraham, dans une forme assez proche de l'arabe classique actuel. La tradition donne par moments des origines bien antérieures : la reine de Saba, l'ancien Yémen ainsi que des tribus disparues auraient parlé l'arabe dans une forme plus ancienne. Les premières traces de l'écriture arabe, telle qu'on la connaît de nos jours, ne remontent qu'au VIe siècle.
A ses débuts, la littérature arabe est orale et elle évoque le combat singulier comme un moyen censé trancher toutes sortes de litiges. Les descriptions faites de la lutte d’Antar er Gasub, de Shiebub et Hasruf, de la femme héros Gamra sont bien émouvantes. Les styles de lutte arabe moussaraa (mossra taban, istliah taban) se sont conservés à l’état pur jusqu’à nos jours. Dans certains pays arabes, la lutte libre est appelée moulabata. Différentes variantes de lutte sont autant de reflets de diverses influences : des vestiges de l’Antiquité (Sumer, Egypte, Grèce, Assyrie, Babylone) d’un apport fondamental des peuples arabes, de l’influence de la lutte turque sans oublier l’apport des différents groupes ethniques ayant habité les terres arabes (Kurdes, Turcs, Nubiens, etc).
Malgré l’existence avérée de combat au corps-à-corps (moussaraa) en Arabie et dans les territoires conquis, il n’y exista pas de compétition de grande ampleur, du moins comparable aux Jeux Olympiques Antiques. Peut-être faut-il voir un point commun entre les trois religions du Livre (Judaïsme, Christianisme et Islam) : la même aversion pour le culte du corps, au profit du culte de l’âme.

Les Chevaliers en Europe



Pendant le Haut Moyen-Âge, en Europe, ce sont les chevaliers qui s’adonnent aux « sports » de combat dans un exercice de « guerre sans haine » : le Tournoi.
842. Première mention de tournoi. Cet authentique art martial consiste à livrer une véritable bataille, mais « sans haine ». Les combats se pratiquaient à armes réelles provoquant de très nombreux accidents mortels. Préparation militaire très efficace, ces Conflictus Gallici auraient pris naissance en Gaule durant l’Antiquité tardive pour s’exporter ensuite avec succès… Nombre de chevaliers sont adoubés à l’issue de tournois. La violence « sans haine » des tournois est souvent plus importante qu’à la guerre où le but du jeu est plutôt de faire des prisonniers afin d’obtenir des rançons.
Mars 1000. À l’occasion de la Pâques, un grand tournoi rassemble la fine fleur de la chevalerie champenoise à Troyes. Nombreux morts et blessés.
1130. Au concile de Clermont, le pape Innocent II interdit énergiquement la pratique du tournoi. La chevalerie française ne tient aucun compte de cette interdiction …
1179. Au concile de Latran, le pape Alexandre III condamne la pratique du tournoi. Malgré la multiplication de ces interdits, le tournoi reste l’activité la plus prisée par les chevaliers qui peuvent y montrer leur force et leur endurance. La chevalerie française, qui truste les victoires en tournoi comme sur les champs de bataille ne conçoit pas de mettre un terme à cet « art de vivre ».
19 août 1186. Le duc de Bretagne Geoffroy II Plantagenêt trouve la mort dans un tournoi à Paris.
1219 : Décès de Guillaume le Maréchal, (William the Marshall en anglais) « le meilleur chevalier du monde », célèbre chevalier qui excellait en Tournoi.
1240. Soixante morts lors d’un tournoi à Neuss.
Juin 1245. Le concile de Lyon condamne la pratique du tournoi. 1260. Le roi de France Saint Louis interdit la pratique du tournoi.

2 commentaires:

Cesco a dit…

A propos de l'adoubement d'un chevalier, voici comment commence le récit de celui du seigneur de Caumont au Saint-Sépulcre de Jérusalem en 1419 :

"Je demeurai toute la nuit devant le Saint-Sépulcre et je me confessai. Quand vint le lendemain qui était un samedi, le huitième jour du mois de juillet 1419, j’entrai dans cette chapelle,..."

Le texte complet se trouve ici : Adoubement du seigneur de Caumont

Jeronimo a dit…

Merci pour ces précisions Cesco. Le Moyen-âge est une époque de l'Histoire qui a longtemps été dévalorisée alors que bien des événements et bon nombre de grands hommes l'ont jalonnée.
Dernièrement, on me citait Bertrand du Guesclin comme héros de la France pendant le XIVème siècle.